C'était le choc de ce vendredi : le derby des frères ennemis entre l'Écosse et l'Angleterre dans la pluie de Wembley. Si les Écossais ont livré la prestation qu'on attendait d'eux, les Anglais ont, quant à eux, fortement déçu, à commencer par la presse anglaise.

"C'était peut-être vraiment la pire prestation anglaise que nous ayons vue depuis une génération. C'était certainement la pire depuis que Gareth Southgate a repris l'équipe anglaise", commençait le Guardian qui a été déçu par le jeu anglais, "Ce n'était pas une partie horrible mais elle était un peu creuse et survendue. Ce fut surtout un match brouillon et décousu."

Le consultant d'ITV, Ian Wright se disait lui "embarrassé" par la prestation anglaise face à l'Écosse. "Nous avions besoin de créativité mais Southgate a retiré Phil Foden et sans faire monter Sancho dans le même temps."

Un joueur en particulier était visé par la presse anglaise, Harry Kane. Le niveau de jeu de l'attaquant de Tottenham inquiète fortement outre-Manche : "L'attaquant de Tottenham n'a pas reçu d'espace de la part du 5 arrière écossais qui a été impeccable. Il a de nouveau été privé de ballons même s'il a tout fait pour se rendre disponible. Kane excelle habituellement dans le pressing mais celui des anglais était si décousu et intermittent à mesure que le jeu avançait...", analysait le Daily Mail, "Il a été remplacé à la 74e minute et c'était une bonne décision car son impact était très limité."

"Que se passe-t-il avec Harry Kane ?" s'interrogeait Sky Sports après la rencontre, "Après une performance médiocre contre la Croatie lors du match d'ouverture de l'Angleterre à l'Euro 2020, la performance anonyme et brouillonne du capitaine anglais contre l'Écosse a suscité une inquiétude croissante quant à sa forme. Kane n'a touché le ballon qu'à 19 reprises, le moins qu'il ait jamais fait dans un match international et il n'a pas réussi à produire un seul tir cadré."

Le Guardian revenait lui sur le manque d'efficacité et d'impact du trio offensif anglais en général : "Les trois joueurs offensifs ont désormais inscrit un but et réalisés trois tirs cadrés en 180 minutes depuis le début du tournoi. Les chiffres ne racontent pas toute l'histoire ici, bien sûr. Mais le problème avec l'attaque de l'Angleterre est un problème de ton autant que de volume", pointait le quotidien qui analysait plus en profondeur la prestation d'Harry Kane, "En s'efforçant de jouer son double rôle n ° 9 / n ° 10 alors qu'il n'était clairement pas à son apogée physique, Kane a fini par jouer ni l'un ni l'autre. Il ralentissait les attaques en tombant trop facilement. Il était douloureusement hors du rythme lorsque le ballon arrivait dans la surface de réparation."

Mais le capitaine anglais n'était pas le seul à être pointé du doigt. Le Daily Mail s'est également montré très critique envers le sélectionneur anglais : "Gareth Southgate est un bon manager d'hommes et prépare parfaitement ses joueurs mentalement. Mais les critiques sont dues au fait qu'il ne réfléchit pas assez vite durant la partie, surtout quand l'Angleterre se retrouve en difficulté. Le plan tactique écossais a empêché l'Angleterre de développer son jeu mais leur a également permis d'apporter du danger offensivement. Pour contrer cela, Southgate n'a réalisé que des changements prévisibles qui n'ont pas apporté grand chose."

En plus de ces changements ratés, le tabloïd anglais pointe deux autres problèmes : la possession énorme mais très stérile des Anglais et le manque d'impact des latéraux anglais.

Dans sa chronique au Sun, José Mourinho regrettait lui le manque d'audance de Southgate face aux Écossais : "Si l'Angleterre avait vraiment voulu l'emporter, Phillips aurait été remplacé à la 60e pour davantage de créativité. Mais la peur de perdre des Anglais a fait en sorte qu'il est resté sur le terrain."

Si la piètre prestation anglaise a donc suscité de nombreuses critiques en Angleterre, avec 4 points sur 6, les Three Lions ont assuré l'essentiel et sont pratiquement assurés de se qualifier pour les huitièmes de finale. Ce qui fait relativiser le Guardian quant à toutes les critiques sur le fond de jeu anglais : "Malgré toute la frustration et la rage qui se déverseront sur cette équipe d'Angleterre dans les prochains jours, il convient de rappeler qu'elle est toujours pratiquement assurée de se qualifier pour les huitièmes de finale. S'ils terminent deuxièmes du groupe, ils pourraient encore éviter une rencontre délicate avec la France, le Portugal ou l'Allemagne."