Le médecin de l’équipe nationale a-t-il trop traîné avant de faire des massages cardiaques ? Pensait-il trop longtemps qu’il s’agissait d’une crise d’épilepsie, vu la position dans laquelle il a couché Eriksen pendant les deux premières minutes ? Quoi qu’il en soit, l’homme a finalement sauvé la vie de la star danoise.

Mais la question que tout le monde se pose est la suivante : comment est-ce qu’un tel accident peut arriver à un joueur en pleine forme, qui a subi des examens très approfondis ? "La médecine est encore impuissante face aux cas rares", dit Tom Teulingkx, président de l’association des médecins sportifs. "3 à 5 sportifs sur 100 000 peuvent avoir un arrêt cardiaque après le sport. Eriksen a 29 ans. On voit souvent ce phénomène auprès de sportifs qui ont presque 30 ans. Ils ont peut-être un problème latent qui s’aggrave au fil du temps et qui peut être activé par la succession d’accélérations. Dans le foot, on ne fait pas d’effort constant."

Le foot n’est toutefois pas le sport qui provoque le plus d’arrêts cardiaques. Teulingkx : "Seulement, c’est le sport qui est le plus pratiqué et le plus médiatisé."

En principe, Eriksen recevra un défibrillateur, comme Anthony Van Loo (ex-Roulers et Malines). Van Loo a encore rejoué au foot. Mais après un deuxième arrêt cardiaque (il a été sauvé par son défibrillateur) et une opération, il a arrêté à l’âge de 30 ans.

Le plus important est qu’Eriksen soit encore vivant. Il a frôlé le pire. Teulingkx : "À chaque minute qui passe avant que la réanimation ne démarre, la victime d’un arrêt cardiaque perd 10 % de chances de survie."