Le talent des joueurs, la tactique proposée par le staff, le mental du groupe et la cohésion entre ses membres sont les quatre facteurs indispensables pour aller loin dans un grand tournoi. Si ces éléments se combinent positivement, les résultats suivront. Mais lorsque vient s’intercaler une épreuve aussi difficile et intense que la peur de perdre l’un des siens, le soulagement et la motivation qui s’en suivent peuvent devenir les armes les plus redoutables.

"Il est difficile de décrire ce que cette équipe a vécu au cours des quatre dernières semaines", commentait le sélectionneur danois Kasper Hjulmand après la qualification obtenue devant le public de Copenhague aux dépens de la Russie (1-4). "Nous avons pensé à Christian (Eriksen) tout le long du chemin."

Source de dépassement de soi, Christian Eriksen était dans les pensées de chaque joueur du Danemark pendant chaque minute de la rencontre. "Et après le match, il a immédiatement envoyé un message dans notre conversation de groupe. C’était génial de l’entendre tout de suite", a confié le défenseur Jens Stryger Larsen.

"Je ne peux pas imaginer comment ces garçons ont réussi à revenir mentalement de ce qu’ils ont vécu, poursuit Kasper Hjulmand. La motivation, l’esprit d’équipe, l’amitié entre les joueurs ont été incroyables. Nous sommes une unité, en fait. Nous nous soutenons mutuellement et je pense que ce sont les meilleures valeurs que nous pouvons montrer au monde - que nous sommes unis, nous nous entraidons."

La sélection s’est aussi nourrie de tout l’amour extérieur qui lui a été envoyé. "J’ai une grande gratitude envers le Danemark et sa population. Ils ont vraiment pris soin de nous et nous ont donné des ailes. Sans tous les fans, cela n’aurait pas été possible. J’ai pu sentir que ça a vraiment touché les joueurs."

Si cette équipe parvient encore à jouer avec le cœur durant la suite du tournoi, ses adversaires devront s’accrocher. À commencer par le Pays de Galles en huitième de finale samedi puis potentiellement les Pays-Bas en quarts. "Le plus important est que nous sommes désormais tous unis, pour le Danemark", pointe Joakim Maehle, buteur lundi soir. "Cette équipe, ces joueurs… C’est fantastique de faire partie de tout ça", ponctue Mikkel Damsgaard.

À l’Euro 1992, le Danemark a créé la surprise grâce à une cohésion incroyable. Un nouvel exploit est-il possible 29 ans plus tard ?