Un match nul et vierge face à la Suède avec 75 % de possession, 17 tirs et 80 attaques pour son premier match et un second partage, 1-1 face à la Pologne, avec une possession de 69 %, 11 tirs et 71 attaques. Tel est le bilan de la Roja dans cet Euro.

Sur papier, les chiffres sont plutôt bons. L’Espagne de Luis Enrique monopolise le ballon, comme souvent, le fait vivre jusqu’à la surface adverse, et là tout se complique.

Avec deux points au compteur, l’Espagne est au centre de vives critiques au pays et Luis Enrique est le premier incriminé. L’ancien coach du Barça l’était déjà pour ses choix, dès avant le tournoi. Le fait qu’il ne reprenne aucun joueur du Real Madrid et qu’il se passe, en accord avec ce dernier suite à sa situation physique, de Sergio Ramos n’est pas bien passé. Cette décision a d’ailleurs été comparée à celle de Luis Aragones de se priver de Raul en 2008.

"Aucun joueur n’est éternel", a-t-il précisé, faisant comprendre qu’il n’entendait pas révolutionner la Roja mais plutôt trouver les joueurs qui correspondent à ses idées.

Le problème, c’est que Luis Enrique ne semble pas encore avoir trouvé la clé pour faire gagner cette Espagne qui tourne autour du rectangle adverse à la manière d’une équipe de handball tout en étant incapable de toucher la cible. Au pays, on dit de cette sélection qu’elle "joue admirablement comme jamais mais qu’elle ne gagne pas, comme toujours".

"Tout le monde veut que l'Espagne gagne"

Luis Enrique, lui, était plutôt confiant en déclarant que son équipe pouvait prétendre à la victoire finale. Mais le sélectionneur n’arrive pas à trouver la bonne formule, changeant à chaque match son onze de base.

À l’Euro, la Roja présente la 5e équipe la plus jeune du tournoi avec une moyenne d’âge de 26,5 ans. Seuls six joueurs ont participé à la dernière Coupe du monde et Sergio Busquets, dont Enrique a dû se passer lors des deux premiers matchs, est le seul rescapé de la période dorée de l’Espagne avec ce titre de champion du monde en 2010 suivi d’un nouveau sacre à l’Euro 2012.

Pour certains, cette Espagne manque cruellement de caractère et de joueurs clés sur lesquels se reposer. Cela a d’ailleurs poussé le rédacteur en chef du célèbre quotidien AS, Alfredo Relaño, à écrire que "beaucoup de joueurs de l’équipe nationale pourraient se promener en rue sans que personne ne les accoste pour une photo ou un autographe. Cela n’est jamais arrivé auparavant".

Autant dire que Luis Enrique et ses hommes auront une pression maximale sur les épaules mercredi avant d’affronter la Slovaquie à 18 heures à Séville. Le spectre d’une élimination, à domicile, plane plus que jamais sur la Roja, ce qui n’est plus arrivé dans un Euro depuis l’édition 2004. "Nous sommes déjà dans la difficulté. Normalement, la pression arrive au stade des matchs à élimination directe, mais là c’est déjà le cas pour nous", a précisé Luis Enrique. "J’espérais avoir six points et zéro but concédé. La réalité est différente. On méritait plus face à la Suède et, contre la Pologne, le match nul n’est pas illogique. En mars, on a rencontré des problèmes face à des pays qui étaient bien plus faibles que ceux qu’on rencontre dans cet Euro (1-1 contre la Grèce, victoire poussive 1-2 en Géorgie et succès 3-1 face au Kosovo). Maintenant, on est dans l’obligation de gagner et c’est ce qu’on va faire", a-t-il assuré.

Les joueurs, eux, semblent rester confiants pour la suite des événements. "Tout le monde veut que l’Espagne gagne", a lancé Pablo Sarabia. "Mais chaque adversaire est difficile à contrer et ils ne sont pas là par hasard. On n’a pas encore remporté le moindre match, mais on va y arriver, tous ensemble."

Un discours qui trouve écho chez Jordi Alba. "On méritait de l’emporter face à la Pologne, tout comme ce fut déjà le cas contre la Suède. Il nous a juste manqué un peu de chance."