Le voilà, le premier 0-0 de cet Euro. Pourtant, l'Espagne et la Suède auront eu plusieurs occasions pour affoler les compteurs. Mais l'inefficacité dans les deux camps n'aura pas permis aux attaquants des deux équipes de débloquer le marquoir. Pour l'Espagne, il s'agit d'un premier faux pas même si la qualification pour les huitièmes de finale n'est pas (encore) en danger.

Pourtant, la presse espagnole, souvent critique quand les choses ne tournent pas, s'est étonnamment montrée élogieuse envers la Roja après ce nul face aux Suédois. "Aucune équipe depuis le début de l'Euro n'a joué aussi bien que cette Espagne-là, du moins en première mi-temps", écrivait Marca. "Jouer au football de cette manière-là, personne ne l'a fait comme l'Espagne. C'est un très bon signe. Luis Aragonés et Vicente Del Bosque nous l'ont appris : en jouant comme cela, il est beaucoup plus facile de gagner."

"La Roja a écrasé la Suède à Séville, se créant de nombreuses occasions mais ne parvenant pas à trouver le chemin des filets", a écrit le journal Mundo Deportivo, "le manque d'efficacité, des erreurs flagrantes et le grand match du gardien Olen ont terni les débuts de l'équipe."

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Le journal As se montrait, quant à lui, plutôt blasé face à l'inefficacité espagnole : "Comme d'habitude, il manquait le but. Apparemment, il ne se cachait pas non plus à Séville et le problème s'aggrave car cela devient une chanson au refrain odieux."

De manière générale, les médias espagnols pointaient le bon début d'Euro de leur sélection nationale. De la Une de Marca, "Tout parfait sans le goal", à celle de As, "Siège sans goal", en passant par Sport, "Bon départ... sans but", les principaux médias sportifs espagnols soulignaient autant la belle prestation espagnole que le manque d'efficacité de la Roja. Et à ce petit jeu-là, c'est l'attaquant Alvaro Morata qui s'est pris les plus grosses critiques.

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"Luis Enrique a parié sur Morata dans le onze mais cela s'est avéré être un échec", a écrit Marca, "nous avons vu un Morata imparfait et imprécis et cela s'aggrave au fil des minutes car comme les choses ne vont pas comme il le voudrait, il perd confiance."

De son côté, le journal Sport relevait les nombreuses occasions ratées par le joueur espagnol : "L'occasion la plus dangereuse de la première période est venue des pieds de Morata. Alba lui a donné un ballon précis, et grâce aux errements défensifs de la défense suédoise, Morata avait tout en sa faveur pour marquer... mais il a mal jugé le ballon qui est passé à côté", a notamment résumé le quotidien sportif qui a mentionné que l'attaquant avait été sifflé lors de sa sortie en lieu et place de Gerard Moreno.

"Il suffisait d'avoir les oreilles entrouvertes pour se rendre compte du sentiment populaire : pourquoi Gerard Moreno n'est-il monté qu'à la 73e minute alors qu'il est le meilleur buteur d'Espagne ?", se questionnait As sur le choix de Luis Enrique d'avoir laissé Morata aussi longtemps sur le terrain.

Au-delà de l'inefficacité, As s'inquiétait de la prévisibilité de cette équipe espagnole dans son analyse d'après-match : "L'équipe de Luis Enrique est trop prévisible pour ses rivaux qui savent en détail comment va jouer l'Espagne et s'efforcent de neutraliser ses qualités", a écrit le journal espagnol qui estime que Luis Enrique n'a pas de plan B et s'efforce de jouer dans son système immuable sans chercher d'alternatives.

Il reste 5 jours à Luis Enrique et aux joueurs espagnols pour régler la mire dans un match qui sera déjà capital face à la Pologne d'un certain Robert Lewandowski.

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