Euro 2020

Les Bleus ont parfaitement négocié leur entrée dans les qualifications à l'Euro-2020: ils ont déroulé leur partition, sans accroc ni génie mais avec un grand Antoine Griezmann, vendredi à Chisinau contre la très modeste Moldavie (4-1).

Ce duel inédit face à la 170e nation au classement Fifa, au palmarès vierge et jamais qualifiée pour un Euro ou un Mondial, pouvait ressembler à un match-piège pour les champions du monde.

Mais dans le petit stade de Chisinau (10.500 places), surplombé par une imposante barre d'immeuble à l'architecture soviétique, les Bleus ont mis leur supériorité en musique avec le sérieux et la détermination réclamée Didier Deschamps.

Dans un match à sens unique, le bloc moldave n'a tenu qu'une grosse vingtaine de minutes avant de se fissurer en grand par le perce-muraille Antoine Griezman, buteur d'une superbe volée du gauche à bout portant (24e) sur un joli service de Paul Pogba, puis passeur décisif sur corner pour la tête de Raphaël Varane (27e).

L'attaquant de l'Atlético Madrid s'est démultiplié aux quatre coins du terrain, avec la générosité qui le caractérise et une finesse technique que le public moldave a eu l'air d'apprécier.

Fair-play, les spectateurs locaux l'ont chaudement applaudi au moment de l'annonce des compositions d'équipe, au même titre que Paul Pogba, N'Golo Kanté et Kylian Mbappé.

L'attaquant vedette du PSG, lui, n'a pas autant brillé que d'habitude, mis à part sur quelques dribbles et roulettes qui ont fait frémir de plaisir le Zimbru stadium. Il a tout de même sauvé sa soirée en inscrivant le dernier but français (87e).

Giroud égale Trézéguet

Olivier Giroud a été plus en vue, profitant de la faible opposition pour soigner ses statistiques en même temps que son moral, lui qui est devenu un remplaçant de luxe à Chelsea.

L'histoire retiendra que c'est à 2.000 kilomètres de Paris que l'ancien Montpelliérain a rejoint David Trezeguet au troisième rang des meilleurs buteurs de l'histoire en équipe de France avec 34 buts, en reprenant du bout du pied un centre de Blaise Matuidi (36e) pour le 3-0.

L'expérimenté milieu de la Juventus Turin aurait dû regarder ses partenaires depuis le banc de touche, Deschamps ayant choisi de titulariser Kingsley Coman, de retour en Bleu après quasiment un an et demi d'absence. Mais le jeune ailier du Bayern Munich, souffrant après l'échauffement, a été contraint de jeter l'éponge au dernier moment.

Les champions du monde, sérieux sans être géniaux, ont assuré l'essentiel en évitant une fausse note qui aurait fait désordre en Moldavie, pays de 3,5 millions d'habitants né de l'éclatement de l'URSS et coincé entre la Roumanie et l'Ukraine.

Ils n'ont encaissé qu'un but anecdotique en fin de match sur une rare incursion dans la surface d'Hugo Lloris, battu sur un but du remplaçant Vladimir Ambros (89e).

Toute la semaine, le professeur Deschamps avait bien fait la leçon à ses joueurs, soucieux de ne pas répéter les erreurs du passé: le capitaine de France-98 avait connu par exemple des débuts laborieux pour les qualifications à l'Euro-2000 (1-1 en Islande).

Et la prestation des vice-champions du monde croates, passés près de l'humiliation jeudi à domicile contre l'Azerbaïdjan (2-1), ne lui a sûrement pas échappé.

Face à une équipe de très faible niveau, classée entre les îles Fidji et Sainte-Lucie, le sélectionneur a aligné tous les finalistes du Mondial russe, avec une seule exception au poste d'arrière gauche. En l'absence de Lucas Hernandez, blessé, et de Lucas Digne, touché à une cuisse jeudi à l'entraînement, la place est revenue à un revenant, Layvin Kurzawa.

Le joueur du PSG, éloigné des Bleus depuis novembre 2017, s'est montré à son avantage, notamment dans sa relation avec Pogba et dans l'animation offensive. C'est lui qui récupère le ballon au bout du terrain sur l'action qui mène au but de Giroud.

De retour samedi dans l'Hexagone, les Bleus recevront l'Islande lundi (20H45/19H45 GMT) au Stade de France pour la suite des qualifications à l'Euro.


L'Angleterre a écrasé la République tchèque

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L'Angleterre a écrasé la République tchèque 5 à 0 avec un triplé de Sterling en match de qualification pour l'Euro-2020 (mi-temps: 2-0), vendredi à Wembley.

Après une nette domination en première période, les Anglais ont logiquement ouvert le score peu avant la demi-heure de jeu par Raheem Sterling, qui a repris aux six mètres un centre à ras de terre de Jadon Sancho, prodige de 18 ans.

Poursuivant leur pressing, les Anglais ont bénéficié d'un pénalty peu avant la pause, Sterling étant bousculé par deux défenseurs dans la surface. Le coup de pied arrêté a été transformé par le capitaine Harry Kane d'un puissant tir croisé du droit. Le gardien Pavlenka avait plongé du bon côté sur sa droite et touché la balle de la main opposée mais sans réussir à la détourner.

Dès la reprise, les Anglais sont repartis à l'offensive face à des Tchèques jusque là incapables de cadrer leur jeu. Les visiteurs ont eu une occasion de réduire le score à la 51e minute, sur une tête plongeante du milieu Tomas Soucek passée juste à côté de la cage de Jordan Pickford.

Mais la pression anglaise a rapidement mis fin aux maigres espoirs tchèques, les hommes de Gareth Southgate inscrivant deux nouveaux but en moins de dix minutes à la faveur de Sterling.

D'une frappe enroulée parfaitement du gauche dans la lucarne opposée de Pavlenka, le milieu de Manchester a creusé l'écart (62e) et, six minutes plus tard, d'une nouvelle frappe enroulée avec limpidité du droit à l'angle gauche de la surface adverse, Sterling n'a laissé aucune chance à Pavlenka et réalisé un hat-trick.

En fin de partie, une frappe aux 16 mètres du jeune Callum Hudson-Odoi, appelé pour la première fois dans la sélection anglaise, a été difficilement repoussée par Pavlenka directement sur le défenseur Tomas Kalas qui a marqué un but contre son camp, le coup de grâce pour des Tchèques humiliés à Wembley.


Match nul pour le Portugal face à l'Ukraine

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Pouvant à nouveau compter sur son capitaine Cristiano Ronaldo, absent de la sélection depuis le Mondial-2018, le Portugal a concédé le nul face à l'Ukraine (0-0) pour son premier match de qualifications à l'Euro-2020, vendredi à Lisbonne.

La Selecçao a pris la seconde place du groupe B à égalité de points avec son adversaire puisque dans l'autre rencontre du jour le Luxembourg a battu la Lituanie à domicile (2-1).

Presque neuf mois après son dernier match avec la sélection portugaise, l'élimination au Mondial-2018 en huitièmes de finale face à l'Uruguay (1-2), Ronaldo a retrouvé son équipe nationale comme s'il ne l'avait jamais quittée une fois son adaptation à la Juventus Turin terminée.

Attaquant gauche d'un 4-3-3 qui a fait ses preuves en son absence notamment lors des rencontres de la Ligue des nations, le quintuple Ballon d'or de 34 ans a reçu les vivats des quelque 50.000 spectateurs de l'Estadio da Luz à chacune de ses prises de balle.

Et 'CR7' n'a pas mis longtemps à s'illustrer. Après une alerte à la cheville gauche à la suite d'un contact avec Marlos (22), l'ancien joueur du Real Madrid s'est incrusté coté gauche avant de décocher une frappe du pied droit bien détournée par le gardien ukrainien Andriy Pyatov (23).

Ronaldo récidivait quelques instants plus tard mais le portier du Shakhtar Donetsk se couchait bien sur sa droite pour sortir le tir du gauche du Portugais qui fêtait face à l'Ukraine sa 155e sélection (27).

Maladresse et Pyatov

Pyatov ne dégoutait pas seulement le capitaine lusitanien puisqu'il s'envolait magnifiquement pour dévier une lourde frappe d'André Silva filant dans la lucarne (57) puis intervenait avec sûreté sur une tête(81) puis une frappe (90) du luso-brésilien Dyego Sousa, l'attaquant du Sporting Braga honorant sa première sélection.

Sur son aile gauche, comme il en a l'habitude avec la Juve, Ronaldo a multiplié les débordements pour tenter de faire la différence mais les Ukrainiens entraînés par le légendaire Andriy Shevtchenko n'ont jamais cédé face aux nombreux temps forts et à la domination du Portugal.

Bien organisés, n'hésitant pas à sortir de leur camp quand ils le pouvaient, les Slaves ont en plus démontré de bonnes dispositions techniques pour ne pas commettre d'erreurs qui auraient pu amener le danger sur leur but.

Dans le sillage d'un Pyatov auteur d'une performance XXL, les Bleus et Jaunes ont aussi bénéficié de la maladresse et des tergiversations des Lusitaniens dans le dernier geste.

Un mal qui n'a pas épargné Cristiano Ronaldo qui a envoyé un tir dans les nuages du ciel lisboète (77).

Mais le capitaine des champions d'Europe en titre n'a jamais lâché en se démultipliant quand l'Ukraine a décidé de se recroqueviller dans son camp dans les derniers instants, sans pour autant trouver la faille qui aurait libéré les supporters portugais.

Lundi, le Portugal affrontera la Serbie qui reste sur un match nul face à l'Allemagne en amical (1-1), toujours à l'Estadio da Luz.


Défaite de l'Argentine malgré le retour de Messi

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Le Venezuela a dominé l'Argentine (3-1), vendredi, en amical, gâchant le retour de Lionel Messi après huit mois d'absence sous le maillot de l'Albiceleste.

Le quintuple Ballon d'Or n'avait plus porté le maillot Ciel et Blanc depuis la défaite en huitièmes de finale de la Coupe du monde face à la France (4-3).