Huit. C’est le nombre de buts contre son camp (CSC) que l’on a pu observer depuis le début de cet Euro 2021. Jusqu’ici, le record était de trois…pendant l’Euro 2016. Dans l’histoire de la compétition on ne comptait d’ailleurs que neuf CSC, mais cela, c’était avant. Le nombre de malheureux ayant poussé le ballon dans leurs propres filets étant désormais de 17. Les buts contre son camp ont, certes, toujours existé mais jamais dans de telles proportions et, pour rappel, nous n’en sommes qu’aux phases de poules…

L’Euro à 24

S’il est impossible de déterminer avec certitude le pourquoi du comment, quelques éléments sortent du lot et nous offrent un semblant d’explication sur le phénomène. Premièrement, depuis l’édition 2016, le nombre de sélections invitées à se disputer la couronne européenne est passé de 16 à 24. Ce qui implique une augmentation du nombre de rencontres disputées et donc, fatalement, la hausse des probabilités d’assister à un CSC. D’autre part, plus de participants ne garantit pas non plus un nivellement par le haut de la qualité de jeu.

En ouvrant la porte à huit nouvelles sélections, la présence des "petites équipes" s’est renforcée. La plupart s’en sortent d’ailleurs très honorablement, à l’image de la Finlande, et le problème ne réside pas tant dans le nombre d’équipes que dans le fond de jeu proposé. Face aux grandes nations européennes, habituées à faire le jeu, les sélections plus modestes n’ont, dans l’ensemble, pas hésité à opposer un bloc bas. La tactique est efficace et tout à fait légitime, mais qui dit défense condensée, dit forêt de jambes. Et c’est là que le bât blesse. Au moins en partie.

Des joueurs lessivés

Parmi les autres facteurs, on retrouve également la fatigue. Avec une saison coupée l’an dernier, en raison du Covid, les joueurs n’ont, pour la plupart, pas bénéficié d’une réelle coupure depuis près d’un an. Or, les rencontres se sont enchaînées sur cette saison 2021, en particulier pour les joueurs qui sont allés loin en coupe d’Europe et les internationaux. Ruben Dias, le défenseur de Manchester City, n’a ainsi bénéficié que d’une semaine de repos avant de rejoindre la Seleçao. Sans être une excuse tout à fait valable quant à son intervention ratée, qui permet l’égalisation allemande lors de la deuxième journée (2-4), le fait est que le joueur sort d’une saison pleine. Dans tous les sens du terme.

Pour le reste, force est de constater qu’il s’agit avant tout d’un savant mélange de maladresses incompréhensibles et d’une belle part de malchance. La malchance pour le gardien polonais, Szczesny, qui voit la frappe de Robert Mak frapper la jambe de Glik avant de heurter le poteau…puis son bras. La maladresse pour la claquette smashée dans son but de Martin Dubravka, le portier slovaque, ou la reprise en première intention de Matts Hummels sur un centre de Lucas Hernandez. Quoi qu’il en soit, l’Euro est parti sur des bases solides, ou friables selon le point de vue. Cristiano Ronaldo et ses cinq réalisations n’ont qu’à bien se tenir…