Coup de tonnerre à l'Euro ! Pendant que les orages se déchainaient sur une partie de la Belgique, l'Euro a vécu le choc de l'élimination du champion du monde en titre, la France, en huitième de finale face à la Suisse après un match intense. Les Bleus ont mené 3-1 avant de voir la Nati revenir dans les dernières minutes et d'arracher les prolongations. Finalement, les Français se sont écroulés aux tirs au but avec l'échec décisif de Kylian Mbappé.


Cette élimination en huitième de finale de l'Euro a, bien évidemment, été vue comme un fiasco par la presse française ce mardi matin : "Ce fut incroyable, majestueux, extraordinaire, désespérant, aussi, et au final, les Bleus et leurs supporters n'ont plus que leurs yeux pour pleurer", commençait L'Équipe qui estime que la bande de Didier Deschamps ne méritait pas mieux. "La France est championne du monde en titre, elle figurait évidemment parmi les favoris de l'épreuve, mais elle a pris une sacrée claque, ce lundi, et la porte avec, au terme d'un scénario de dingue face à la Suisse (3-3 a.p., 4-5 aux t.a.b.). Donnant le bâton pour se faire battre pendant près d'une heure face à une machine parfaitement huilée, les Bleus ont à un moment tout renversé, portés par la grâce retrouvée de plusieurs de leurs joueurs, avant de craquer, puis d'être emportés au terme d'une séance de tirs au but."

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"Tête basse et en pleurs, les champions du monde ont quitté l'Euro et Bucarest par la plus petite des portes, pour ce qui restera l'un des plus grands fiascos de l'histoire de la sélection", s'emportait Le Figaro, qui estime que des leçons devront être tirées de cet échec, "L'heure des comptes et des bilans arrivera très vite mais les hommes de Didier Deschamps n'ont pas été à la hauteur des attentes, encore moins de leur statut."

Pour le Parisien, le niveau de l'équipe de France depuis le début de l'Euro et les faiblesses (notamment défensives) ne pouvaient pas permettre aux Bleus d'espérer quoi que ce soit lors de ce championnat d'Europe : "Il était impensable de continuer à vivre plus longtemps avec autant de faiblesses défensives et les Bleus ont fini par le payer. Les hommes de Didier Deschamps ont quitté l’Euro, où ils ne laisseront pas beaucoup de traces. Ils menaient 3-1, il restait quinze minutes pas plus, mais ils ont trouvé des forces pour continuer à se ridiculiser. Le trio offensif que le monde nous envie avait enfin produit les étincelles espérées, mettant en avant un Karim Benzema superstar. Mais cette équipe de France a trop de lacunes, une défense de minimes pour s’échapper vers les quarts de finale, malgré trois buts inscrits", écrivait le journal de la capitale française. Avant d'ajouter : "Il s’agit d’un immense raté, d’une sortie par la petite porte, le même jour que l’autre finaliste de la Coupe du monde. La palme du plus gros gadin revient bien aux Bleus. La fin de l’histoire, ce n’était pas prévu comme ça, pas ici, pas face aux Suisses, pas après avoir mené 3-1. Rien n’allait vraiment et maintenant, c’est bien fini."

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De son côté, le quotidien Ouest France critiquait les Bleus, tout en faisant son mea culpa : "Ils se sont vus trop beaux, et on leur a tendu le miroir aussi."

Mbappé dans le viseur

Si les journaux français parlent généralement d'une faillite collective, plusieurs hommes sont tout de même pointés du doigt. À commencer par Kylian Mbappé. Le joueur du PSG est censé être l'une des stars de cette équipe mais n'a pas pesé sur cet Euro et, clou de son échec, a raté le penalty décisif : "Le Kylian Mbappé qui énerve tout le monde, qui force sur chacune de ses prises de balle comme s’il était en train de jouer contre Dijon et qui veut tirer le 5e tir au but pour être un héros. 120 minutes à s’empêtrer contre la Suisse comme un contrôleur fiscal", s'est emporté So Foot avec son ton piquant habituel.

"Mbappé n’était plus ce petit jeune tout frais qui éclate à la face du monde. Il est cette star qui veut prendre sa place, et un peu plus parfois", écrivait Ouest France, avant de faire le bilan de cet Euro tragique. "Il aura traversé cet Euro sans marquer le moindre but, étalant une efficacité devenue chronique contre la Suisse, malgré ses efforts dans le jeu. C’est Mbappé qui a précipité la chute des siens en ratant le dernier tir au but de la série fatidique. Comme un symbole. Une belle claque, pour que jeunesse se fasse."

La défense a également été pointée du doigt, notamment, Benjamin Pavard et Clément Lenglet : "Vous savez que Benjamin Pavard regardait les matchs des Bleus dans la fanzone de Lille à peine deux ans avant sa première sélection ? Eh bien qu’il y retourne", écrit So Foot. "Allez, on arrête de se moquer. Ça ne doit vraiment pas être facile ces problèmes d’oreille interne. En tout cas, toujours un plaisir de bouter Lenglet hors de France", ajoutait le site au sujet de Lenglet.

Deschamps, des louanges aux critiques...

Mais plus encore que les joueurs, c'est le sélectionneur Didier Deschamps qui en a pris pour son grade, lui qui était pourtant considéré comme le pilier du succès français en 2018 : "Le sélectionneur s'est trompé de système de départ, avant de corriger. Si ses individualités ont maintenu les Bleus dans le match, il a donné l'impression de ne rien maîtriser lors de cet Euro", lâchait L'Équipe. "Didier Deschamps ne montrait pas déjà une grande sérénité depuis le début du rassemblement en changeant de système quasiment d'un match à l'autre. Là, il a innové en modifiant trois fois en quarante-cinq minutes, ce qui veut dire au pire qu'il était perdu, au mieux qu'il s'était trompé, même si les deux ne sont pas incompatibles."

"Symbole d’une équipe qui gagne depuis son arrivée à la tête de l’équipe de France, Didier Deschamps a subi ce lundi soir la première grosse désillusion de son mandat avec les Bleus en étant sorti dès les huitièmes de finale de l’Euro 2020 par la Suisse (3-3, 4-5 aux tab)", ajoutait So Foot. "Une défaite où sa part de responsabilité est grande, tant il s’est planté de A à Z sur cette confrontation, de la composition de départ à l’imbroglio Coman, en passant par la sortie prématurée de Griezmann."

Le Parisien, quant à lui, voulait déjà tirer les conclusions de cette élimination précoce et essayer de voir quelles en seraient les conséquences, notamment au niveau du poste de Dider Deschamps : "Apès deux finales de suite, son employeur lui avait demandé d'atteindre le dernier carré. Le sélectionneur est loin du compte, puisqu'il s'arrête deux tours avant la demi-finale. Les champions du monde achèvent ce tournoi avec un seul succès en quatre matchs, un bilan terrible. Sous contrat jusqu’à la Coupe du monde 2022, qui aura lieu en fin d’année au Qatar, le patron des A peut choisir de rompre son engagement. Ce n’est pas son envie mais cette sortie de route peut indiquer une usure, la compétition de trop après neuf ans de mandat", explique le quotidien qui pointe que peu de joueurs devraient prendre leur retraite internationale (hormis peut-être Giroud, Sissoko ou Mandanda) mais aussi que cet échec est un coup dur financier pour la Fédération française de football.