van den Brom reprend le contrôle, Mbemba se révèle à l'Europe

Ce mardi soir, Anderlecht a fait taire bon nombre de mauvaises langues. Métamorphosés en moins de deux semaines, les Mauves ont pu surprendre un PSG un peu moins bien.

Nicolas Christiaens
van den Brom reprend le contrôle, Mbemba se révèle à l'Europe
©Photonews

Si nous étions les premiers à critiquer van den Brom après la claque 0-5 (à relire ici) , l'heure est venue d'apprécier son coup de force réussi au Parc des Princes. Le seul point positif que nous avions trouvé dans sa tactique du match aller était son choix de placer Gillet devant Mbemba sur le flanc droit pour bétonner ce côté du terrain. Avec pour conséquence que les Parisiens s'étaient fait un plaisir de profiter de la mi-temps "portes ouvertes" sur le flanc gauche, où Suarez oubliait constamment de défendre.

Moins naïf dans son approche du match, le coach néerlandais avait cette fois sécurisé ses deux flancs. Deschacht et N'Sakala se chargeaient du côté gauche, tandis que Vanden Borre et Praet montraient toutes leurs qualités défensives à droite. La solidité retrouvée sur les ailes permettait au trio Kljestan, De Zeeuw et Milivojevic de consacrer ses forces à la formation d'un embouteillage dans l'axe, se projetant même parfois en contre-attaque ou s'aventurant au pressing sur le porteur du ballon. Choses que l'on n'avait jamais vues lors du 0-5 au Parc Astrid.


Apprendre de ses erreurs fait partie du métier

Si l'attitude (assis sur son banc durant les 90 minutes) et la tactique de van den Brom étaient discutables il y a deux semaines, force est de constater que le coach mauve a eu l'intelligence de se remettre en question pour changer son fusil d'épaule. Il faut dire que la mentalité proposée par ses joueurs a bien aidé. Moins spectateurs, hormis durant le toss surréaliste de Deschacht et Ibrahimovic, les Bruxellois ont remporté de nombreux duels. Certes, il restait des déchets qui trouvent leur explication dans la qualité de l'adversaire. Si De Zeeuw a galvaudé deux occasions en première mi-temps à cause d'approximations, il s'est bien repris en coupant de nombreux angles de passes et en offrant des possibilités à ses équipiers en possession de balle, transformant ses courses désespérées des dernières semaines en appels de balle efficaces et intelligents. Il n'a surtout pas tremblé au moment de conclure la plus belle offensive mauve.

Dans un trio axial peu créatif sur papier (quoi qu'en dise De Zeeuw, on imagine mal cet entrejeu se montrer efficace en championnat, quand il s'agira de faire le jeu), Kljestan a réussi lui aussi le match presque parfait. D'un calme olympien et présent dans les duels ainsi qu'à la récupération, il a plusieurs fois permis à son équipe de sortir balle au pied pour se donner de l'air. On a même vu l'Américain réussir des gestes qui le mettent habituellement en difficulté. Seule ombre au tableau, sa deuxième carte jaune évitable après avoir commis la faute nécessaire en première période. Une faute professionnelle qu'a également réussi Milivojevic en deuxième mi-temps, preuve que les Anderlechtois peuvent gérer ces rencontres du top avec beaucoup de maturité.


Une défense héroïque, aidée par un PSG apathique

Si la performance de ce mardi est avant tout collective, le secteur défensif mérite d'autant plus de louanges qu'il a été largement critiqué depuis le début de saison. A gauche, Olivier Deschacht a joué sur son expérience et profité de la soirée en demi-teinte vécue par Lucas Moura. A droite, Anthony Vanden Borre s'est quant à lui montré impérial. Volume de jeu, justesse entre ses montées et sa couverture défensive, dur sur l'homme et présent pour contrer les centres et frappes quand c'était nécessaire, l'ex-diable rouge n'est plus si "ex" que cela, s'il continue sur cette lancée. Son dernier passage à vide avait toutefois débuté quelques semaines après son dernier match référence en date : Belgique-Roumanie à Sclessin, il y a deux ans. Pas d'emballement, il s'agira pour Anthony de confirmer et de résister au retour de blessure de Guillaume Gillet.

Chancel Mbemba, son autre concurrent au back droit, s'est de nouveau montré à la hauteur de l'événement. Bien aidé par un Kouyaté au dessus de la mêlée et méritoirement élu homme du match, le gamin de 19 ans a livré le match parfait, faisant oublier sa malheureuse glissade de la joute aller. Il est le seul mauve qui n'a pas donné l'impression de surjouer tant son aisance est limpide. L'une de ses sorties de défense fut d'ailleurs à la base du 0-1. Si Youri Tielemans est sans aucun doute un joueur très talentueux, le plus beau des diamants bruts mauves évolue peut-être un cran plus bas. Quoique, au vu de la palette du Congolais, on en viendrait presque à se demander s'il ne serait pas encore meilleur en médian défensif. Une chose est certaine, son talent ne devra pas être gâché par une multitude de repositionnements. Mais au vu de sa prestation de mardi soir, sous les yeux de la grande Europe du foot, Chancel devrait rapidement faire l'objet de nombreuses convoitises. 

En résumé, l'arrière-garde mauve, qui a certes été aidée par un PSG en manque d'inspiration, a rassuré bon nombre de supporters bruxellois ce mardi soir. Avec cette volonté et cette solidarité, Anderlecht devrait rapidement redresser la barre en championnat. Le tout sera de montrer autant de motivation en compétition régulière qui reste, il ne faut pas l'oublier, le pain quotidien des Mauves. L'importance du déplacement à Genk devrait suffire à garder les troupes de John van den Brom motivées.


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