L’histoire de Joaquim Preto a beau être liée à celle du Sporting, c’est sur l’Estádio da Luz que l’appartement de l’ex-adjoint de Bölöni au Standard offre une vue imprenable.

"Si je regarde un match à la télévision, à cause du décalage, j’entends toujours la clameur des supporters de Benfica avant même que, sur mon écran, le ballon soit entré dans le but", sourit-il.

Combien de fois risque-t-il de l’entendre ce mardi, cette clameur ? "On m’a posé la même question jeudi à la télévision portugaise, dit-il. Parce que les journalistes portugais avaient entendu dire que, pour Roger Vanden Stock, Benfica était un bon tirage. Je ne sais pas s’il a vraiment dit ça, ni dans quel contexte. Mais j’ai répondu ceci : si les deux équipes jouent à leur niveau normal, il n’y aura pas de problème pour Benfica. N’y voyez aucun chauvinisme de ma part. Benfica est finaliste de la dernière Europa League et il a conservé tous ses joueurs, à l’exception de l’arrière gauche tandis qu’Anderlecht a perdu trois pions importants : Biglia, Jovanovic et, surtout, Mbokani. De plus, Benfica a élargi son noyau. Et si on regarde l’histoire des dernières saisons, Benfica a également toujours mieux réussi qu’Anderlecht sur le plan européen avec un quart de finale de Ligue des Champions et une demi-finale d’Europa League. Mais en football, une chose est plus importante que tout : la confiance. Et je dois bien reconnaître qu’avant le match de ce week-end, elle n’était pas au top du côté de Benfica. Mais à Anderlecht non plus, n’est-ce pas ?"

Pour Joaquim Preto, ce manque de confiance de Benfica est dû aux incidents qui ont marqué la fin de saison dernière.

"Trois défaites importantes d’affilée, ça peut arriver. Mais il s’est passé des choses graves, comme la bousculade entre Cardozo et l’entraîneur. Pour moi, le président de Benfica a perdu une belle occasion de démontrer qu’il était un vrai leader. À Porto, Cardozo se serait retrouvé dehors d’une minute à l’autre. Et tant pis si le club perdait un ou deux millions. Il y avait déjà eu un incident similaire en début de saison dernière en Allemagne, lorsque Luisão avait été suspendu pour avoir bousculé un arbitre. Tout cela ne démontre pas qu’à Benfica, le club est plus important que l’individu."

D’un point de vue technique, Joaquim Preto a aussi une explication au fait que Benfica encaisse toujours au moins un but par match.

"Les arrières latéraux jouent beaucoup trop haut, dit-il. Il n’est pas rare de les voir monter tous les deux ensemble. Ça rend l’équipe fragile en perte de balle."

Il met, par contre, Anderlecht en garde sur un des points forts de Benfica : les phases arrêtées. On l’a encore vu samedi contre Paços Ferreira, avec un but répété à l’entraînement.

"Jesus est un adepte du bloc : un joueur de Benfica se place entre le défenseur adverse et un joueur fort de la tête, comme Garay ou Luisão. Au Portugal, certains entraîneurs disent que ces blocs ne sont pas réglementaires mais pour moi, il n’y a pas de problème. Sauf dans un cas : celui sur le gardien."