Les deux hommes se connaissent bien. Suffisamment pour ne pas trop s’apprécier. Personnellement en tout cas. Car tactiquement, les deux coaches se respectent. Aux yeux de Mauricio Pochettino, Guardiola est "l’un des meilleurs entraîneurs du monde, si ce n’est le meilleur". Quand on demande à l’Espagnol un avis sur son confrère argentin ? "Pochettino est l’un des meilleurs au monde". C’était il y a cinq ans, en marge d’un match Tottenham-City. Leur avis respectif n'a certainement pas changé.

Les débuts de la "rivalité" à Barcelone

C’est dans le derby catalan qu’ils se rencontrent pour la première fois. Pochettino est propulsé entraîneur de l’Espanyol en janvier 2009. Guardiola a, lui, succédé à Frank Rijkaard à l’été 2008 sur le banc du Barça. Pour leur premier affrontement, l’Espanyol, au fond de classement de la Liga (19e), rencontre alors le grand Barça pour un quart de finale aller de Coupe du Roi. L'Espanyol accroche le nul 0-0, avant de déchanter au retour 3-2.

Le 21 février 2009, nouvel affrontement pour un vrai derby: 13 cartons jaunes au total. Le Barça perd Eric Abidal sur blessure en début de match (22e) et se voit rapidement réduit à dix après le carton rouge infligé à Keita (38e) pour un tacle en retard. Ensuite le légendaire Ivan de la Peña voit double (2-0). Mais le Barça ne se laisse pas abattre. Yaya Touré réduit le score mais l'équipe de Pep s'incline à domicile.

Surtout, il s'agit de la première victoire des "Pericos" depuis 27 ans dans un derby face au Barça. Ce succès historique sera toutefois le seul pour Pochettino en Espagne. Pour le reste, les derbys catalans ont souvent donné lieu à des rencontres déséquilibrées, avec notamment un cinglant 1-5 en décembre 2010, ou une victoire en mai 2012 sur un quadruplé de Lionel Messi (4-0).

L’Angleterre, terre de Guardiola

Arrivé sur le banc des Citizens en 2016, Pep Guardiola s’est très vite construit une équipe capable de tout gagner en Angleterre. Sur l'ensemble des rencontres, Mauricio Pochettino n'a pas pu faire grand-chose avec Tottenham.

L'Argentin est parvenu à gagner une seule et unique fois: lors de sa première rencontre. En octobre 2016, Guardiola enchaîne avec six victoires en autant de matchs. Mais City se casse les dents et est surclassé par les Spurs. Grâce notamment à un but contre son camp de Kolarov et un but de Dele Alli, Pocho avait terrassé Pep. Mais hormis cette victoire, les statistiques sont à l'avantage de Pep Guadiola. En tout, le club de Manchester a enchaîné quatre victoires et deux nuls face aux Londoniens.

En Ligue des Champions, avantage Pochettino

Leur affrontement le plus marquant restera le quart de finale haletant d’une Ligue des Champions 2019 complètement folle. Tottenham l’emporte à domicile à l'aller (1-0), grâce notamment à un penalty arrêté par Hugo Lloris.

Le match retour, Guardiola en a sans doute encore des palpitations. Après 20 minutes, le marquoir affiche... 3-2. Sterling ouvre la marque sur un assist de KDB, mais Son réplique par un doublé en exploitant notamment deux bévues d’Aymeric Laporte (9e). Quelques secondes plus tard, Bernardo Silva, décalé côté droit, répond d’une frappe contrée (2-2), puis Raheem Sterling, à la réception d'un caviar de Kevin De Bruyne au second poteau, permet aux Citizens de repasser devant (3-2).

Aguero et Llorente feront évoluer le score à 4-3. Tottenham est virtuellement qualifié. Raheem Sterling, buteur dans les derniers instants du match, croit décrocher la qualification in extremis. Mais la VAR décide d'annuler le but pour hors-jeu. "C’est cruel", pour Guardiola. Mais Pochettino et son Tottenham passent.

En 18 oppositions entre les deux tacticiens, le score est sans appel: dix victoires pour l’Espagnol, trois pour l’Argentin, cinq partages. Ce mercredi en demi-finale de Ligue des champions, ils se rencontreront pour la 19e fois.