Ce gardien roumain, peu connu du grand public, a offert la Coupe des clubs champions 1986 au Steaua Bucarest en stoppant les 4 tirs au but de Barcelone. Il le regrettera…

Si la Roumanie du football peut aujourd'hui se targuer de posséder dans son armoire à trophée autant de Ligue des Champions que la France, le pays de Lazlo Bölöni le doit en grande partie à un homme, Helmuth Duckadam, son gardien moustachu des années 80. Elle le doit d'ailleurs aussi au précité Lazlo Bölöni, également présent dans les rangs du Steaua Bucarest, ce soir de mai 1986, sur la pelouse du stade Sanchez Pizjuan de Séville pour disputer la finale de la Coupe aux grandes oreilles face à Barcelone.

La finale peut se résumer à la séance de tirs au but nécessaire pour départager les deux équipes. Le match, très fermé, fut globalement dominé par des catalans restés muets face aux cages de Duckadam. Oui, mais quelle séance ! 

Ce soir là, les Blaugrana vont buter contre un mur encore plus efficace que celui qui, en pleine Guerre froide, séparait alors l'Europe en deux blocs. Les choses s'annoncent pourtant délicates pour des Roumains obligés de tirer face au kop surchauffé des supporters barcelonais. Appréhension confirmée lorsque le gardien espagnol Urruti stoppe les deux premières tentatives des Roumains, dont celle de Bölöni qui, frustré, dégage le ballon avec force et manque d’assommer le portier ibérique.

Pas de panique ! 

Duckadam garde la baraque en imitant son homologue. Mieux ! Il entre dans la légende en arrêtant les deux tirs suivants pendant que ses coéquipiers inscrivent les leurs. A la surprise générale, le Steaua Bucarest glane la seule C1 de son histoire et de celle de son pays grâce aux 4 arrêts de son héros de gardien. Performance unique à ce niveau.

Helmuth Duckadam ne le sait pas encore mais il vient de disputer là son dernier match de football de haut niveau. Dans les semaines qui suivent, il doit écourter ses vacances à cause de vives douleurs au niveau du bras droit. Le diagnostic des médecins tombe : Duckadam souffre d'une thrombose et doit se faire opérer d'urgence au risque d'être amputé. Sa carrière ne reprendra qu'en 1989 pour quelques saisons sans gloire passées en division 2 roumaines. Voici pour la version officielle.

Un coup de la Securitate ?

C'est ici que la rumeur et le fantasme contredisent la réalité communément admise. Le conditionnel est donc de mise. Pour le remercier d'avoir défait l'ennemi indépendentiste catalan, le président du Real Madrid aurait offert à Duckadam une rutilante mercedes. Le bolide ne serait pas passé inaperçu dans la dictature communiste roumaine de l'époque. Nicu Ceaușescu, fils du dictateur roumain Nicolae Ceaușescu, aurait alors réquisitionné la berline.

Devant le refus de Duckadam, qui comptait alors sur sa gloire toute récente pour le protéger, le fils Ceaușescu aurait envoyé la Securitate, la terrible police secrète du régime, s'entretenir avec le héros de Séville. Le pauvre se serait alors fait briser les doigts et les poignets un à un, de quoi ne plus renfiler de gants à jamais. Même si ce type de méthode musclée est imaginable sous la dictature de Ceaucescu, l'information reste invérifiable vu l'opacité du régime communiste. Duckadam lui-même ne l'a jamais corroborée. Il lui reste au moins ses 4 penalty stoppés. 

Et ceux-là, personne ne les lui prendra jamais.