La miraculeuse qualification arrachée contre Leipzig (2-2) mardi en Ligue des Champions a été polluée par les incidents entre joueurs et supporteurs ultras, nouvel épisode traumatique pour un club traversé par les tensions et désormais exposé à des sanctions.

Rappel des faits: alors que l'équipe, poussée par l'entraîneur Rudi Garcia, était venue célébrer l'issue heureuse du match avec le kop Virage Nord, un individu a brandi un calicot sur lequel était dessiné un âne avec l'inscription "Marcelo dégage".

Le capitaine Memphis Depay, furieux, s'est alors précipité vers le supporteur pour défendre le défenseur brésilien, pris en grippe par une frange du public depuis plusieurs semaines. Et le personnel de sécurité a dû intervenir.

Des sanctions à venir

"Ce n'est pas une belle image mais aucun coup n'a été échangé et le capitaine a fait son travail", a commenté le stadium manager Xavier Pierrot, soulagé.

Le président de l'OL Jean-Michel Aulas a tenté d'appeler à l'union sacrée. "Un club, ce sont les dirigeants, les joueurs, les supporters et il ne peut pas y avoir de distorsion. C'est moi qui décide et non pas les supporters", a-t-il rappelé.

"Il y a eu distorsion sur une relation entre certains supporters et un ou deux joueurs. Memphis a été grand, il est le capitaine et il a pris ses responsabilités", a poursuivi JMA, affirmant que "le supporteur (qui tenait la banderole) serait sanctionné".

"Je ne veux pas que les gens insultent les joueurs. Ce n'est pas excusable. J'avais proposé aux groupes de supporters de les rencontrer car je veux régler ce problème. C'est idiot d'avoir ces soucis après un match magnifique. Nous allons trouver des solutions", a conclu le dirigeant de 70 ans.

L'attitude de Marcelo

Ces incidents d'après-match ternissent de nouveau l'image de l'Olympique lyonnais auprès de l'UEFA, mais ne sont pas de nature à faire tomber la suspension de terrain d'un match avec sursis qui menace toujours le club.

Car l'OL a des antécédents : l'envahissement du terrain lors d'une rencontre de Ligue Europa contre Besiktas Istanbul (2017), des comportement racistes, toujours en C3, contre le CSKA Moscou (2018), des saluts nazis à Manchester City (2018) et une amende, encore, après des incidents face au FC Barcelone (février 2019).

"Nous n'échapperons pas à une amende, c'est certain", reconnaît Xavier Pierrot.

Les incidents de mardi ne concernent que l'OL et ont été constatés après le match, même si au cours de celui-ci des jets de projectiles ont été à déplorer lorsqu'un joueur allemand s'apprêtait à tirer un corner.

Et si les groupes ultras portent une responsabilité sur ces incidents, le club entend trouver aussi un juste milieu car Marcelo n'est pas exempt de tout reproche, avec ses doigts d'honneur adressés en direction de la tribune nord.

Dans ce contexte, l'avenir du Brésilien s'inscrit forcément en pointillé en vue du mercato d'hiver, à condition de pouvoir le remplacer.

Distance entre joueurs et supporteurs

Ce n'est pas la première fois que les kops lyonnais ont un joueur dans leur collimateur. Tony Vairelles ou Jean II Makoun peuvent en attester.

Plus récemment, ils ont clairement influé sur le départ de l'entraîneur Bruno Genesio (janvier 2016-juin 2019) mais Rudi Garcia, aujourd'hui en poste, est à son tour ciblé.

Cette petite partie du public, estimant jouer un rôle dans les résultats de l'équipe, entend peser sur les orientations sportives et ne plus être considérée seulement comme simple clientèle.

Car depuis son installation dans le centre d'entraînement ultra-moderne de Décines-Charpieu, à l'est de Lyon, l'équipe s'est un peu refermée sur elle-même, avec des entraînements désormais souvent à huis clos. A mille lieues de la proximité qui était en vigueur à Gerland, dans le 7e arrondissement lyonnais.

Dimanche au moins, le stade devrait toutefois résonner d'une seule voix, puisque le club rendra hommage à Bernard Lacombe (67 ans), icône de l'OL et conseiller de Aulas, qui part à la retraite.