L'entraîneur de Chelsea Jose Mourinho s'en est pris mardi à Canal + en qualifiant de "honteuse" la diffusion de propos du Portugais à l'encontre de ses attaquants lors d'une discussion privée.

"Est-ce-que de mon point de vue mon commentaire est malheureux? Absolument. Mais du point de vue de l'éthique, je pense que c'est une pratique réellement honteuse", a tonné le technicien de Chelsea depuis Istanbul à la veille du 8e de finale de Ligue des champions contre Galatasaray.


Eto'o et Falcao, attaquants attaqués...

Dimanche, alors qu'il ne savait apparemment pas qu'il était filmé par la télévision française qui attendait son interview à l'issue d'un évènement du club avec des sponsors, "Mou" avait été enregistré en train de critiquer le rendement de ses attaquants, notamment le Camerounais Samuel Eto'o. "Le problème de Chelsea, c'est que je manque de buteurs, expliquait alors Mourinho. Eto'o? Il a 32 ans. Peut-être 35 même, qui sait!"

Le coach de Chelsea n'en restait pas là. "Je n'ai pas Falcao mais Falcao n'a pas d'équipe... Il joue devant 3 000 personnes ! Si un jour, j’allais à Monaco, ça serait pour terminer ma carrière." Des propos très vite rapportés et qui ont bien entendu suscité la polémique. 

"Je ne cherche pas à défendre mes propos", a ajouté Mourinho en conférence de presse devant les journalistes. "J'attaque uniquement ce qui, il me semble, est fondamental dans votre profession. Selon moi, un média professionnel ne doit pas rendre public une discussion privée. Vous devriez vous sentir mal à l'aise parce que c'est un flagrant cas de manque d'éthique."

"Mon propos n'était évidemment pas le bon, pas l'un de ceux que je tiendrais en tout cas dans un contexte officiel ou lors d'une interview. D'abord car je ne suis pas là pour faire rire. Ensuite, parce que s'il y a bien un entraîneur qui défend vraiment ses joueurs, c'est moi. Enfin, parce que Samuel Eto'o, c'est Samuel Eto'o", a-t-il poursuivi, remonté.

Mourinho et Eto'o ont réalisé ensemble avec l'Inter un formidable triplé Ligue des champions-championnat-Coupe d'Italie en 2010. "Samuel a remporté quatre fois la C1. Les gens pensent qu'il n'y en a que trois, mais c'est bien quatre: une avec le Real, deux avec le Barça et une avec l'Inter. C'est avec lui que j'ai connu la meilleure saison de ma carrière. C'est l'un des rares avec lequel je travaille une 2e fois. Cela n'arrive pas quand un entraîneur n'apprécie pas l'homme et le joueur. Il n'y a pas d'histoire. Comme tout le monde l'a dit, on rigolait, c'était juste une conversation amusante entre moi et quelqu'un qui n'appartient pas au football", a-t-il conclu.


"Pas des images volées", selon Canal +

Hervé Mathoux, rédacteur en chef et présentateur de l'émission Canal Football Club sur Canal +, a affirmé mardi à l'AFP que les images de José Mourinho critiquant ses attaquants n'étaient "pas des images volées" et s'est dit surpris de la réaction de l'entraîneur de Chelsea.

"Je n'ai pas grand-chose à dire si ce n'est pour m'étonner. Ce ne sont pas des images volées. On a une interview prévue après et notre cameraman est donc présent. Il y a une caméra qui filme en plan très serré", a déclaré Hervé Mathoux à l'AFP. "Elle n'est pas à 10 mètres, elle ne zoome pas, il y a un rouge visible et il a forcément conscience d'être filmé, d'autant que c'est quelqu'un qui croise des caméras très souvent et qui est rompu au rapport avec les médias", a-t-il ajouté.

Pour Hervé Mathoux, Mourinho n'a "peut-être pas voulu assumer totalement ce qu'il dit". "Il aurait pu venir voir le journaliste et demander qu'on n'utilise pas ces images. Il n'a fait aucune demande particulière. L'interview a eu ensuite lieu tout à fait normalement", a-t-il ajouté.