Décidément, l’escale au Real Madrid tourne au cauchemar pour Eden Hazard. Et ce n’est pas le dernier épisode de Stanford Bridge, mercredi soir, qui va arranger sa situation. Sitôt le match de Ligue des Champions terminé, le joueur belge s’est dirigé vers le banc de Chelsea et a ri aux éclats avec ses anciens équipiers. Les images de la scène tournent en boucle sur les télés espagnoles et alimentent les chroniques au vitriol de nombreux éditorialistes madrilènes. "C’est un manque de respect vis-à-vis du club et de supporters. Et ce n’est pas ce qu’on attend du numéro 7 du Real, un dossard qu’ont porté Kopa, Juanito, Butragueno, Raul ou Ronaldo. Si le public était admis au stade Santiago Bernabeu, Hazard hériterait d’une bronca mémorable" peut-on lire et entendre.

Devenu consultant pour la Cadena Cope, l’ancien avant-centre Fernando Morientes résume bien le contexte. "Au Real, la moindre défaite est vécue comme un traumatisme. Je crois qu’Eden n’a pas suffisamment pris conscience de ce que représente le football ici. J’espère que les capitaines de l’équipe l’inciteront à présenter rapidement ses excuses…"

Il est clair qu’Eden n’avait pas besoin de cette nouvelle polémique. Depuis son arrivée à la Maison Blanche de Castille, il collectionne les malheurs (190 blessures de longue durée, 389 jours sur le flanc, 50 matches perdus,…). Sportivement, il avait déjà usé la patience des socios. Fût-elle spontanée et, quelque part, naturelle, son attitude de mercredi ajoute de l’huile sur le feu. A l’évidence, il aurait mieux fait de se rendre discrètement dans le vestiaire de Chelsea pour s’amuser avec ses anciens équipiers !

Et maintenant ? Pour la première fois, de guerre lasse, on entend des voix haut placées réclamer son départ. Mais cela ne semble pas être du tout l’intention des dirigeants. Certes, jusqu’ici, Hazard est l’une des plus grandes déceptions de l’histoire du club. Mais, malgré tout, certains espèrent que le Diable Rouge vaincra, tôt ou tard, le signe indien. En football, la mémoire dure souvent le temps d’une défaite. Dès dimanche prochain, Hazard aura sans doute l’occasion de se faire pardonner face au FC Séville dans un match décisif pour le titre en Liga.