L’image veut tout dire. Déjà délaissé par presque tout un club, isolé sur son banc de touche d’un Estádio de la Luz aussi sombre que dépeuplé, l'homme à l'apparence et aux cheveux grisonnants se décompose au même rythme que son équipe encaisse. Vêtu d’une chemise blanche sous un dessus de training aux couleurs du club, son regard n’est même plus inquiet, il est simplement vide. L’entraîneur en place depuis 7 mois à peine se tient contre l’armature métallique de la cahute qui lui sert d’abri, comme s’il en avait besoin pour rester en équilibre.

Au-delà du FC Barcelone, c’est le monde du football qui a tremblé le 18 août 2020. Trois jours plus tard, Quique Setién est remercié. Depuis, le coach également passé par Las Palmas et le Betis Séville a disparu des radars. Celui qui était au milieu des vaches quand le Barça est venu le chercher a retrouvé sa paisible campagne côtière de Liencres, loin des terrains d’un sport dont il dit avoir été dégoûté. “Vous finissez énormément détruit quand vous rentrez dans l’histoire de Barcelone avec cette défaite”, confie l’ancien Colchonero à Jot Down. “Le football qui J'ai vécu ces dernières années, ce n'est pas le football que j'aimais. J’ai perdu tout intérêt d’entraîner."

A l’heure actuelle, Quique Sentién est toujours en contact avec son ancien employeur... En justice. Pas informé de son licenciement qu’il a découvert devant sa télévision, et ensuite pas en accord avec les clauses financières de celui-ci, l’entraîneur de 62 ans a porté plainte. “Plus de 3 mois après mon licenciement, le vice-président m’a appelé. J'étais prêt à négocier non seulement l'argent mais les conditions. Il essayait à nouveau de me convaincre de leur pardonner l'argent et j'ai encore dit non”, explique l’Espagnol qui a entre-temps appris qu’une décision avait déjà été prise avant la rencontre. “La justice prendra le temps qu'il faudra, mais à la fin le procès sortira et ils devront me payer ce qu'ils doivent me payer.”

Son bref passage dans la capitale catalane l’a néanmoins rendu célèbre. A son départ, d’autres clubs ont tenté de s’emparer de ses services. “Il y a eu des offres et des opportunités, en Espagne aussi", raconte celui qui a alors refusé par manque de motivation. "J'ai décidé de ne pas de les accepter parce que les équipes ne me stimulaient pas assez et elles n'étaient pas intéressantes financièrement.”

Un retour en tant que coach ? C’est possible, mais pas pour tout de suite. “Je n'en ai pas envie pour le moment. J'ai beaucoup de choses à faire ici. Je vais entraîner une équipe de jeunes de deuxième année dans la ligue nationale, je vais être l'assistant d'un jeune qui est là en tant qu'entraîneur, pour l'aider”, termine l’acteur d’une débâcle tristement historique pour les Blaugranas.