"Je tiens à souligner que les accusations de racisme n'ont pas été prouvées. Même un inspecteur de l'UEFA a mis en doute le fait qu'Ondrej Kudela ait prononcé la remarque raciste", a écrit Vladimir Mynar, chef de cabinet du président tchèque Milos Zeman, dans une lettre adressée à l'UEFA.

"Vous avez condamné un homme respectable sans la moindre preuve... uniquement pour répondre aux visées perverses d'un petit groupe de militants et d'un club incapable de gagner sur le terrain", a poursuivi M. Mynar, qui est un supporter du Slavia Prague.

"Entre vos mains, la lutte contre le racisme s'est transformée en (...) hypocrisie, en discrimination positive et en courbette ridicule devant des tendances idiotes", a-t-il encore critiqué, ajoutant que le président Zeman exprimait sa sympathie à tous les Tchèques déçus par cette décision.

Kudela faisait l'objet d'une enquête de l'UEFA après avoir été accusé d'avoir proféré des propos racistes à l'encontre du milieu de terrain des Rangers Glen Kamara, lequel a été suspendu trois matches pour avoir agressé Kudela dans le tunnel après le coup de sifflet final d'un 8e de finale retour d'Europa League le 18 mars dernier (1-1, 0-2).

Le défenseur tchèque (34 ans) ayant déjà purgé une rencontre de suspension lors du quart de finale aller contre Arsenal (1-1). Il sera donc privé de neuf autres matches de compétitions européennes et de sélections nationales et devrait donc manquer l'Euro cet été.

La rencontre entre le Slavia et les Rangers, qui avait vu les Tchèques éliminer le club écossais le 18 mars dernier, avait dégénéré à quelques minutes de la fin lorsque Kamara, milieu finlandais des Rangers, avait accusé Kudela de lui avoir glissé une insulte raciste à l'oreille.

Mercredi, les Rangers se sont félicités que l'UEFA ait "donné raison" à Glen Kamara, tout en regrettant la sanction "sévère" contre son milieu de terrain.

Le Slavia Prague a nié tout propos discriminatoire, affirmant de son côté que Kamara avait agressé Kudela à coups de poing après la rencontre. Mercredi, le président de son conseil d'administration Jaroslav Tvrdik avait néanmoins déclaré dans un communiqué "respecter la décision" de l'UEFA. "Ondrej Kudela n'aurait jamais dû s'approcher du joueur adverse. Je regrette profondément cela et présente mes excuses à Glen Kamara."

"En tant que club, nous avons versé trop de sang dans cette guerre contre l'UEFA/la Grande-Bretagne, que nous ne pouvons gagner", a-t-il encore commenté jeudi sur Twitter, appelant à une trêve dans les hostilités.

Le Slavia Prague disputera jeudi à Prague son quart de final retour de l'Europa League face à Arsenal, après avoir fait match nul 1-1 à Londres la semaine dernière.