Europa League

Jan Vertonghen, Toby Alderweireld, Moussa Dembélé et Nacer Chadli vont prévenir leurs équipiers de ne pas sous-estimer le Sporting.

Quatre Range Rovers Sport, une Porsche Panamera, une Porsche Cayenne… Le parking du Tottenham Hotspur Training Center doit faire baver les amateurs de voitures de luxe. C’est ici que nos quatre Diables Rouges accueillent la presse belge pour évoquer le match contre Anderlecht.

Avant l’entrevue avec les journalistes, Vertonghen, Alderweireld et Dembélé ont rencontré des joueurs de football américain. Chaque saison, deux matches de NFL seront joués dans le nouveau stade de Tottenham, qui devrait être prêt en 2019.

Alors, messieurs, vous avez demandé comment arrêter Okaka ?

Alderweireld : "Non, mais on parviendra bien à le sortir du match."

Vertonghen : "Moussa, Okaka, c’est l’attaquant d’Anderlecht. Il est grand et fort."

Dembélé : "Il est plus impressionnant que Lukaku ? Et aussi fort que Bony de Manchester City ?"

Est-ce que les joueurs de Tottenham connaissent des joueurs d’Anderlecht ?

Chadli : "Ils connaissent Anderlecht mais pas des noms de joueurs. Les Anglais ne suivent pas le championnat belge. Mais on va leur dire qu’Anderlecht a une bonne équipe ! On va leur apprendre les noms. Ils ont battu Arsenal la saison passée ?"

C’était 3-3, alors qu’Arsenal menait par 3-0.

Chadli : "Voilà, il faudra faire très attention."

Vertonghen : "C’est notre rôle de dire à nos équipiers : Attention ! Anderlecht est fort ! Les images du match contre Monaco, que le coach va nous montrer, en seront la preuve."

Alderweireld : "La pire des choses serait de sous-estimer Anderlecht. On est dans une poule de Ligue des Champions ! En tant que gamin, j’étais supporter d’Anderlecht en Coupe d’Europe à l’époque de Koller et de Radzinski. J’y ai joué avec l’Ajax. J’aime l’ambiance du Parc Astrid. Mais on va à Bruxelles pour les trois points. On veut se qualifier au plus vite. Le coach n’a encore rien annoncé, mais on a joué nos deux matches d’ Europa League avec une équipe type…"

Avez-vous allumé Defour avant ce match ?

Alderweireld : "Non. Je suppose qu’il avait d’autres soucis, vu leurs penalties ratés ?" (rires)

Vertonghen : "On en a beaucoup parlé en équipe nationale, vu que Jean-François Gillet était dans le groupe. C’était rigolo. Sauf pour Anderlecht, évidemment… Vu que Defour a marqué à Zulte Waregem, on ne devra pas concéder de penalty."


Alderweireld: "Mon frère policier devra peut-être travailler au stade jeudi"

Les trois Belges seront encouragés par leurs proches contre Anderlecht. "Ma famille et mes amis viendront surtout au match retour. Il y a de fervents supporters d’Anderlecht… et de Bruges" , précise Vertonghen.

"Moi, j’ai un frère qui sera peut-être au stade. Il est encore toujours policier à Anderlecht, et il devra peut-être travailler" , s’amuse Alderweireld. "C’est bizarre : la semaine passée, il devait s’occuper de la sécurité de l’équipe d’Israël."

Nos quatre hôtes auraient tous les quatre pu porter le maillot d’Anderlecht.

L’intérêt pour Alderweireld est même très récent et remonte à sa période à l’Atlético Madrid où Herman Van Holsbeeck rêvait de le débaucher.

"Pour moi, ce n’était jamais une option" , précise-t-il. "Je voulais aller en Premier League . Mais à l’avenir, pourquoi pas ? C’est le plus grand club de Belgique. Et Anderlecht a toujours été synonyme de classe. C’est comme l’Ajax : les vêtements sont toujours nickel, les installations à Neerpede sont magnifiques. Je n’ai jamais été anti-Anderlecht."

Et Moussa Dembélé de poursuivre la discussion : "Il ne faut jamais dire jamais, mais moi, je n’y ai pas encore réfléchi. Pourtant, j’y ai presque signé deux fois. À 11 ans, je m’y étais entraîné, mais j’ai signé au Germinal Ekeren parce que j’aurais dû faire mes devoirs en voiture. Et en quittant le Germinal Beerschot, je voulais aller à Anderlecht, mais j’ai finalement opté pour Willem II. On m’a dit que j’étais fou."

Le Liégeois Nacer Chadli, lui aussi, aurait pu évoluer au Sporting : "j’ai été suivi par Anderlecht et par l’Ajax quand j’étais à AGOVV. Mais l’intérêt de Twente était le plus concret. Même si j’ai été formé au Standard, je n’ai jamais été anti-Anderlecht. C’est un grand club."

Et Jan Vertonghen de conclure : "En ce qui me concerne, l’intérêt date de ma période à Kielrode. Je préférais signer au Germinal Beerschot… parce que Moussa y jouait." (rires)


Vertonghen: "J’ai perdu 10-1 à Anderlecht"

Nos Belges ont déjà affronté Anderlecht.

Chadli : "Moi, c’était en jeunes. J’étais dans une équipe avec Witsel et Carcela. On jouait contre, entre autres, Vadis et Mujangi Bia. On se faisait souvent battre. Hélas ! je n’ai jamais joué au Parc Astrid. J’ai vu un match : je crois Anderlecht - Charleroi sous van den Brom."

Vertonghen : "Moi, je me souviens d’un 10-1 en jeunes. Toi, tu ne jouais pas ce match-là, Moussa. Sinon, on n’aurait pas perdu ainsi."

Dembélé : "Je ne retiens pas bien les scores, mais je sais qu’ils étaient forts, avec Vanden Borre et Kompany."

Vertonghen : "Ils gagnaient tous les tournois et étaient toujours champions."

Avec l’Ajax, Vertonghen et Alderweireld ont eu leur revanche.

Vertonghen : "Je garde de bons souvenirs de ces quatre matches européens. Deux victoires, un nul et une défaite, mais on était déjà qualifiés. Toutefois, on avait dû tout donner."

Alderweireld : "J’avais marqué à Anderlecht et donné un assist . On n’avait pas eu de cadeaux."

Dembélé : "Moi, je n’ai joué qu’une fois à Anderlecht : je suis monté au jeu en fin de match (à la 75e, le 7 mai 2005, 3-0 pour Anderlecht)."


Dembélé: "Avant, on se moquait de nous"

"C’est agréable d’être Diable en ces moments" , reconnaît Moussa Dembélé. "Nos coéquipiers à Tottenham nous ont félicités avec notre première place au classement Fifa. Il fut un temps - quand on jouait aux Pays-Bas - où le vestiaire se moquait de nous quand nous rentrions d’un match international."

Cette époque est désormais révolue. Lors des derniers matches, Dembélé n’a pas été convoqué. "Normal. J’avais été blessé pendant un mois, et je m’étais à peine entraîné une fois." Dembélé n’est peut-être pas le Diable le plus populaire, mais à Tottenham, il est très apprécié. "Par les femmes", se marre Vertonghen.

"Jan est un brave garçon, mais il ne faut pas toujours le croire" , coupe le milieu également au centre du débat lorsqu’il est question de son surnom, Blackman , pour sa propension à passer beaucoup de temps devant le miroir.

"Correct" , assure Vertonghen. "Je n’ai jamais entendu cela, tu l’as inventé dans une interview, Jan" , rétorque Dembélé . "Non, tu te trompes" , reprend Vertonghen. "Dans ton dos, on t’appelle encore comme cela. Tu préfères Tita-Tovenaar , le magicien Tita ?"


Dembélé: "Moi à Naples ? N'importe quoi !"

Selon une rumeur reprise dans tous les médias à la fin septembre, Moussa Dembélé partirait pour Naples en janvier. Il y retrouverait son ami Dries Mertens. Dembélé sourit quand on le confronte à cette information . "Chaque saison, on me cite à gauche ou à droite…" explique Dembélé. "Je suppose qu’il y a quelqu’un qui balance toujours mon nom. Vraiment, c’est du grand n’importe quoi. Je n’ai rien entendu de Naples et mon agent ne m’a rien dit. Je suis bien, ici à Tottenham." Vertonghen l’interrompt : "Si Moussa part, je pars également. Non, je rigole. Mais je veux le garder dans l’équipe. Il est un des meilleurs médians de Premier League . Moi, je vois en lui un box-to-box." Mauricio Pochettino, le coach des Spurs , croit vraiment en Dembélé. Samedi, à Liverpool, il l’a fait jouer en 6 et Dembélé était simplement homme du match.


Vertonghen: "Il faut garder l’identité anglaise"

Ils se sentent comme des poissons dans l’eau, les quatre Belges à Tottenham. Et ils seront peut-être cinq la saison prochaine, vu que Laurent Depoitre est suivi de près par les scouts de Tottenham. Est-ce que la moitié du noyau sera bientôt belge ? Selon Vertonghen, ce ne sera pas le cas. "Il faut que les clubs anglais gardent leur identité ", dit l’arrière gauche des Diables. " Il faut trouver un mélange idéal entre des joueurs anglais et de bons étrangers. Les supporters veulent s’identifier à des compatriotes qui ont grandi à Londres et qui ont été formés par le club." Le vestiaire de Tottenham n’a pas toujours été un exemple pour d’autres clubs.



Chadli: "Ma blessure? Je n'ai pas eu peur pour l'Euro"

Chapeau à Nacer Chadli : malgré sa grave blessure - ligaments de la cheville partiellement déchirés contre Liverpool -, il a accepté de recevoir la presse belge. Ses béquilles et sa botte font craindre une longue absence, mais Nacer confirme le premier diagnostic. "Je serai out entre quatre et six semaines", dit-il. "Sakho est mal retombé sur ma jambe. Et vu qu’il est plus lourd que moi… J’ai entendu un crac, je pensais que mon tibia était également touché. Mais jamais, je n’ai cru que mon Euro était en danger."