Benitez, les raisons d’un malaise

Malgré un bon bilan comptable, l’entraîneur du Real Madrid est contesté. Décryptage...

Jonathan Lange
Football - Real Madrid v Paris St Germain - UEFA Champions League Group Stage - Group A - Santiago Bernabeu Stadium - 3/11/15 Real Madrid coach Rafael Benitez Reuters / Sergio Perez Livepic EDITORIAL USE ONLY. © PHOTO NEWS / PICTURE NOT INCLUDED IN THE CONTRACTS
Football - Real Madrid v Paris St Germain - UEFA Champions League Group Stage - Group A - Santiago Bernabeu Stadium - 3/11/15 Real Madrid coach Rafael Benitez Reuters / Sergio Perez Livepic EDITORIAL USE ONLY. © PHOTO NEWS / PICTURE NOT INCLUDED IN THE CONTRACTS ©Photo News

Malgré un bon bilan comptable, l’entraîneur du Real Madrid est contesté. Décryptage...

Il y a les chiffres puis la manière. Les premiers dessinent un bilan qui n’a rien d’infamant. Bien au contraire.

Le Real Madrid de Rafael Benitez est, avec Manchester City et le Zenit, l’une des trois équipes déjà qualifiées pour les 8es de finale de la Ligue des Champions après 4 journées.

En Liga, les Merengues sont actuellement deuxièmes, trois points derrière le FC Barcelone qu’ils reçoivent ce samedi. Mais à l’aube du premier Clasico de sa carrière, Benitez fait face à un vent de fronde qui s’est levé juste avant la trêve internationale après la première défaite du Real de la saison à Séville (3-2) et qui pourrait redoubler en cas de contre-performance face au rival catalan.

Présenté comme "un connaisseur de la maison" lors de son intronisation, le Madrilène, ému aux larmes ce jour-là au moment de "réaliser son rêve d’enfant", a depuis instauré une forme de rupture avec les us et coutumes merengues.

Son style passe mal

Le comparatif est révélateur d’un changement. Le Real compte exactement le même nombre de points que l’an passé à pareille époque : 27.

Connu d’abord pour sa culture tactique défensive, Benitez a fait honneur à sa réputation : son équipe n’a encaissé que 7 buts en 15 matches cette saison, ce qui fait du Real la meilleure défense d’Europe avec le Bayern.

Mais cette rigueur et cette solidité nouvelles sont à contre-courant de la flamboyance et du goût pour le spectacle qu’exigent les socios.

L’impression est confirmée par les chiffres : après 11 journées, le Real possède certes la meilleure attaque de Liga avec 26 buts au compteur, mais il en a marqué 16 de moins que l’an passé.

Symbole de cette rupture de style, Santiago Bernabeu n’a pas hésité à raccompagner ses protégés au vestiaire par des sifflets après la victoire sur le Paris SG qualifiée par AS de "miracle".

Conscients de la situation, Sergio Ramos, Marcelo et Cristiano Ronaldo ont eu, d’après Marca, une longue discussion cette semaine avec leur entraîneur pour lui demander un projet de jeu plus audacieux…

Son management fait grincer des dents

Le Real Madrid n’a pas uniquement changé de style sur le terrain. Dans le vestiaire, la gestion de Benitez tranche avec celle de Carlo Ancelotti.

Tout en rondeur et en diplomatie, l’Italien, très apprécié par ses joueurs, n’a jamais hésité à les responsabiliser, se montrant coulant parfois.

Rigoureux à l’extrême, son successeur répète encore et encore ses consignes et a affiché un souci de contrôle nettement plus prononcé que les cadres ont des difficultés à accepter.

Sa gestion des stars pointée du doigt

Interrogé sur le but inscrit dans les arrêts de jeu par James Rodriguez lors de la défaite à Séville avant la trêve, Benitez a eu des mots durs.

"Il a encore beaucoup de chemin à parcourir avant de revenir à son meilleur niveau", a lancé l’Espagnol auquel le Colombien a répondu sèchement : "Certains pensent que je ne suis pas en forme; je ne suis pas de cet avis."

L’épisode n’est pas isolé : dès son arrivée, Benitez a commis une sorte de crime de lèse-majesté envers Cristiano Ronaldo, refusant de dire que le Portugais était le meilleur joueur du monde ou même le meilleur qu’il ait dirigé, ce qui a froissé l’ego du crack susceptible sur le sujet.

Surtout, voir Benitez accepter la requête formulée par Gareth Bale d’évoluer dans l’axe a été mal perçu au vu du rendement du Gallois, plus efficace sur un côté droit qu’il pourrait retrouver face au Barça. Comme un signe d’infléchissement…


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