Le Paris Saint-Germain n’est pas qu’une équipe de football : ses handballeurs sont les meilleurs d’Europe et le judoka Teddy Riner vient d’y signer.

Fermez les yeux. Et imaginez. Gianluigi Buffon vient de réaliser une énième parade et relance proprement vers Leonardo Bonucci qui trouve Toni Kroos. Kevin De Bruyne se démarque et devant lui, les solutions s’ouvrent : Neymar, comme Lionel Messi est démarqué mais le ballon fini par arriver à Cristiano Ronaldo qui marque. Sur le banc, Pep Guardiola applaudit des deux mains. La scène relève du fantasme ou d’un jeu vidéo. Du moins dans le football. Parce qu’elle rythme le quotidien du Paris SG. Version handball.

Le petit frère a un an de moins que son aîné et a basculé dans les mains qatariennes en juin 2012.

À l’époque, le directeur général du PSG Jean-Claude Blanc précise au sujet de ce rachat que "l’objectif est de construire une grande franchise drivée par le football masculin", avec en guise de modèle à suivre le FC Barcelone qui possède un ADN omnisports ultra-développé (handball, basket, rink hockey ou futsal).

L’investissement dans le hand doit être relié à l’organisation par l’Émirat des Championnats du Monde de la discipline en 2015. Et les méthodes sont simples avec un budget sans limite ou presque de près de 18 millions d’euros, soit le plus important de la discipline, et le recrutement des meilleurs joueurs du monde avec en tête de gondole Nikola Karabatic qui a été rejoint par son frère Luka ainsi qu’une myriade d’internationaux français qui raflent tout en sélection emmené par le gardien Thierry Omeyer considéré comme le meilleur spécialiste de l’histoire à son poste, Daniel Narcisse, Luc Abalo ou encore Nedim Remili. Sans oublier les meilleurs étrangers, la superstar danoise Mikkel Hansen et son héritier norvégien, dernier arrivé dans la capitale française Sander Sagosen.

Là aussi, l’ambition est identique : conquérir la Ligue des Champions. Et les handballeurs ont pris un temps d’avance puisqu’ils ont déjà humé le parfum de la finale l’an passé, s’inclinant 24-23 contre le Vardar Skopje.

Si des moyens importants ont été déployés pour faire grandir la section féminine au niveau football, ce qui s’est traduit là aussi par une finale perdue contre Lyon au printemps dernier, les investissements dans d’autres sports collectifs ne sont pas à l’ordre du jour, que ce soit dans le basket où la capitale française ne compte aucun club d’envergure, pas plus que dans le volley malgré des appels du pied des deux disciplines. Ils touchent par contre… le judo.

Le jour même où l’arrivée de Kylian Mbappé a été officialisée, fin août, Teddy Riner apposait lui aussi sa signature à un contrat de 5 ans, quittant son club de Levallois pour devenir la tête de proue d’une section nouvellement créée.

"Nasser, le Président, m’a contacté et m’a proposé ce projet. Cela m’a fait plaisir. Cela fait des années que je dis : ‘Àquand le PSG Nasser ?’ Il me fait : ‘On y réfléchit, mais il faut faire step by step’. Et lorsqu’il m’a appelé pour me dire cela, j’étais content parce que le PSG c’est mon club de toujours. Je suis sorti de ce club", a expliqué à RMC le nonuple champion du monde et double champion olympique qui a effectué ses premiers pas sur les tatamis du PSG entre ses 8 et ses 13 ans jusqu’à la fermeture de la section pour raisons financières.

À l’époque, le PSG judo était lui aussi sur le toit de l’Europe avec David Douillet, double champion olympique ou encore Djamel Bouras, champion olympique 1996, qui va intégrer une structure de cinq athlètes en tant que directeur sportif. Et il revient en force avec Riner et des moyens considérables avec un budget de 3 millions d’euros, contre un million pour l’ancien club du Français. Qu’importe la discipline, les moyens restent les mêmes. Et ils sont considérables.

© DH