Stamford Bridge. 27 janvier dernier. Premier match de Thomas Tuchel à Londres. Chelsea reçoit les Wolves. Les blues enchainent 16 passes. Hakim Ziyech tente sa chance. Le néo-entraîneur crie "no rush". Le ton est donné. La machine est en route.

Un 3-4-1-2 ou 3-4-2-1 avec possession comme maître-mot. En quatre rencontres sous les ordres de leur nouvel entraîneur, les Londoniens ont eu en moyenne le ballon dans les pieds 70% du temps. L'idée est avant tout de le maîtriser et d'en faire bon usage sans se précipiter. Histoire de prendre le temps de faire courir l’adversaire pour mieux ouvrir les espaces et s’y engouffrer. Au risque d’endormir le match. Une tactique qui paye avec trois victoires en quatre rencontres depuis le nul inaugural contre Wolverhampton (0-0) avec des succès devant Burnley (2-0) puis sur les terrains de Tottenham (0-1) et Sheffield United (1-2).

Adepte des variations tactiques parfois peu lisibles à Paris, Tuchel a installé une charnière centrale à trois que Chelsea n’expérimentait plus depuis Antonio Conte (2016-2018). 

Une arrière-garde solide qui n’a cédé qu’une fois en quatre matchs quand sous Frank Lampard, les Blues offraient plus de largesse et qui a permis à Antonio Rüdiger de retrouver une place de titulaire au détriment de Kurt Zouma alors que la blessure de Thiago Silva face aux Spurs a permis à Andreas Christensen de revenir de nulle part, lui qui était placardisé depuis le départ de Conte.

Mais le retour le plus spectaculaire est à mettre au crédit de Marcos Alonso que Lampard n’avait plus fait jouer depuis septembre, lui reprochant son manque d’implication, et qui a été titularisé à deux reprises déjà par son nouvel entraîneur dont il a justifié la confiance en marquant contre Burnley.

En attendant Kanté

Au milieu, plus de trio non plus mais un duo Kovacic – Jorginho qui fonctionne bien. L’Italien retrouve sa place de plaque tournante perdue en cours de saison. Le Croate, auteur de belles performances, va en revanche devoir composer avec le retour de blessure d’un certain N’Golo Kanté que Tuchel tient en haute estime : "Je pense que N'Golo figure dans les plans de tous les managers du monde. J’avais hâte de l'avoir dans mon équipe, il est un joueur de Chelsea, un grand joueur de Chelsea et l'un des meilleurs milieux du monde. Je suis chanceux de l'avoir dans mon équipe, et chanceux qu'il soit de retour".

Le changement de système a aussi eu pour conséquence de faire monter d’un cran le jeune Mason Mount (22 ans). L’international anglais, qui évolue désormais en soutien des attaquants, est le seul joueur à vocation offensive à avoir marqué en quatre matchs. Ni Timo Werner, ni Kai Havertz, ni Hakim Ziyech pas plus que Callum Hudson-Odoi, Olivier Giroud, Tammy Abraham, Christian Pulisic ou même Reece James n’ont trouvé le chemin des filets sous Tuchel. Ce qui dessine l’axe de progression principal de l’Allemand.