Selon le quotidien Daily Mail, le prince héritier Mohammed ben Salmane a envoyé des messages Whatsapp en juin à Boris Johnson pour que la Premier League britannique "reconsidère et corrige ses conclusions erronées" qui ont bloqué le rachat.

Si le porte-parole officiel de Boris Johnson s'est refusé à tout commentaire au sujet de "conversations privées", il a admis que le dirigeant britannique avait mandaté son conseiller Eddie Lister pour se pencher sur le dossier de cette offre de rachat par un consortium emmené par le fonds souverain saoudien.

"Le Premier ministre a demandé à Lord Lister de vérifier l'état d'avancement des discussions de ce potentiel investissement majeur au Royaume-Uni", a déclaré le porte-parole. "Il ne lui a pas demandé d'intervenir. Le Premier ministre n'est pas intervenu. Le gouvernement n'a à aucun moment été impliqué dans ces discussions", a-t-il insisté.

Le rachat avorté fait l'objet d'une procédure d'arbitrage à Londres, le propriétaire du club de Newcastle Mike Ashley contestant la conclusion de la Premier League considérant le consortium comme le bras de l'Etat saoudien contrôlé par le prince ben Salmane.

Ce dernier a vu sa réputation voler en éclats après le meurtre en octobre 2018 du journaliste Jamal Khashoggi, tué au consulat saoudien à Istanbul. Désigné par des responsables turcs et américains comme étant le commanditaire, "MBS" a dit plus tard assumer, en tant que dirigeant, la responsabilité du meurtre, niant cependant en avoir eu connaissance avant qu'il ne soit commis.

Par ailleurs, l'ex-Premier ministre britannique David Cameron se trouve englué dans une polémique autour de la faillite de la société financière Greensill, dont le fondateur Lex Greensill était enclin à faire affaire avec les Saoudiens.

Cette semaine a fait surface une photo montrant MM. Cameron et Greensill lors d'une excursion dans le désert en Arabie saoudite en janvier 2020, lors de laquelle ils ont rencontré le prince.

David Cameron, qui après avoir quitté Downing Street est devenu conseiller de Greensill, a affirmé qu'il soulevait la question des droits humains avec le prince.

La chute de Greensill le mois dernier met en péril des milliers d'emplois dans des entreprises qui s'appuient sur ses financements, parmi lesquels l'empire dans l'acier du milliardaire indo-britannique Sanjeev Gupta.

Boris Johnson a lancé une enquête indépendante portant notamment sur le lobbying de David Cameron avant la faillite et trois commissions parlementaires ont ouvert leurs propres enquêtes.