Championnats étrangers

Le choc de ce dimanche entre les Skyblues et les Blues risque d'animer cette deuxième partie de saison en Premier League.


Le duel entre City et Chelsea sera suivi par de nombreux observateurs. Tout d'abord car il s'agit de grosses cylindrées anglaises qui se battent pour une place dans le Big Four... c'est en tout cas le plan des Londoniens d'une part. De l'autre côté, les Mancuniens entrevoient toujours leur rêve de soulever un deuxième trophée national consécutivement suite à leur retour en flèche sur Liverpool.

Chelsea, qui avait dominé City lors du match aller (2-0), compte bien conserver son avance sur Man U et Arsenal. Mais Guardiola aura évidemment à cœur de rendre la pareille à son homologue, Maurizio Sarri, qui lui avait donné une leçon tactique et de réalisme en décembre dernier. Ce match laissera place aux 22 artistes de montrer l'étendue de leur talent mais surtout, l'opportunité d’apercevoir la bataille tactique du milieu de terrain qui s'annonce palpitante. Analyse de l'axe médian de chaque équipe, qui risque de faire pencher la balance... et le résultat.

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City : sergent Fernandinho fait sa loi

"Il n’y a pas besoin de perdre trois matches pour connaître l’importance qu’il a. C'est un réel capitaine, qui prend ses responsabilités, il joue souvent très bien. C'est un cadeau d'avoir un joueur pareil", expliquait l’entraîneur de City à propos du capitaine bis du club, Fernandinho.

Cette saison en Premier League, les équipiers de Kompany ont perdu à quatre reprises. Deux matches perdus ont été joués sans Fernandinho. En d'autres mots, City perd 50 % de ses matches sans son soldat du milieu. Le Brésilien (34 ans en mai) est le troisième joueur le plus utilisé par Guardiola (2098 minutes) derrière Laporte (2247) et le gardien Ederson (2340). Il a participé à 24 rencontres de championnat en étant à chaque reprise titulaire.

Son apport sur le terrain est indispensable. Face à ce genre d' équipe, les adversaires sont obligés de jouer le contre et mettre à mal les Mancuniens en jouant bas pour repartir de plus belle à la moindre occasion. C'est là que son rôle de 6 permet de bloquer les tentatives de reconversions adverses.

Ses statistiques défensives sont impressionnantes : 49 tacles effectués (78 % de précision), 34 interceptions. Personne ne fait mieux dans l'effectif de Guardiola en 2018-19. Il sera donc bel et bien là pour bloquer Eden Hazard and co. Mais est-ce que cela suffira ?

L'école des sorciers

Les joueurs de Pep Guardiola prône un football de possession (63,7 % de moyenne en PL, soit le résultat le plus élevé des équipes anglaises), basé sur un jeu de passe entre des joueurs créatifs, toujours en mouvement sur la pelouse. Une fois l'adversaire démobilisé (souvent en faisant tourner le jeu de droite à gauche), les lignes s'éclatent et les espaces s'ouvrent. C'est là que les magiciens de City font opérer leur art. Les passes tranchantes amenées par la paire Silva ou De Bruyne (pour ne citer qu'eux), qu'elle soient vers les ailes ou dans l'axe apportent systématiquement le danger. Les milieux de terrain des Citizens sont très actifs offensivement et amènent souvent l'avant dernier (voire le dernier) ballon avant qu'il ne termine dans les filets.

Le milieu de terrain habituel se compose de Fernandinho (3 assists, 1 but), David Silva (4 assists, 6 buts) et Kevin De Bruyne (1 but mais blessé toute la première partie de saison). En attendant le retour du Genkois, c'est le Portugais Bernardo Silva qui avait la lourde tâche de remplacer le rouquin. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il a fait mieux que se défendre. Il est le médian le plus prolifique de City depuis le début de saison (6 assists et 5 buts). Mais le retour en forme du Belge devrait le replacer sur le banc en tant que "super sub".

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Chelsea : les résurrections de Barkley et Kovacic

Très peu utilisé à Madrid, le dernier finaliste du Mondial, Mateo Kovacic, a trouvé bon de rallier la capitale anglaise pour bénéficier d'un peu plus de temps de jeu. Le médian a retrouvé une forme correcte et soulage ses coéquipiers par son travail abattu. Sa force dans le milieu de terrain et ses passes précises font un bien fou à cet entre-jeu, très bien fourni. L'autre revenant est Ross Barkley, le natif de Liverpool qui a fait ses classes et ses débuts en pro à Everton. Le Britannique avait signé à Chelsea en janvier 2018 mais s'est rapidement blessé et est rentré dans le rang durant toute la saison écoulée. Il revit cette saison grâce à Maurizio Sarri, qui fait tourner ses deux médians à tour de rôle. Les observateurs ne peuvent s’empêcher de comparer le second cité à Frank Lampard, la légende des Blues, au vu de son jeu étincelant tourné vers l'avant. L'Anglais a été décisif à sept reprises en 845 minutes en Premier League.

Les deux joueurs sont affûtés physiquement et complètent le milieu de terrain occupé par Jorginho en sentinelle et Kanté en tant que relayeur.

Le Kanté bon

"Il est petit, il est gentil, il a bouffé Léo Messi, … " Les paroles de sa chanson créée par nos voisins de l’Hexagone doivent être réajustées ! Car N’Golo Kanté mange souvent les joueurs qui se dressent sur son passage et ce, quel que soit leur nom. Ses qualités athlétiques impressionnantes et son abnégation inée font de lui un rouleau compresseur à lui seul. Cette saison, le Français a pris une autre dimension, en étant repositionné un cran plus haut pour s’infiltrer dans les défenses adverses. Sarri a d’ailleurs confirmé il y a peu que "N’Golo Kanté s’était énormément amélioré offensivement". Ces mots sonnent justes lorsqu’on les compare avec stats du petit gars. 3 goals et 4 passes décisives pour un profil ultra-défensif de base, c’est plutôt relevé. Il a pris une plus grande dimension qui fait de lui le milieu de terrain convoité par toutes les grosses écuries européennes…

La bataille tactique se fera évidemment à tous les postes alignés par les deux coachs. City encaisse très peu ces derniers temps et semble favori mais le nouveau duo Eden-Higuain se trouve déjà à merveille. Et puis, un match à l’anglaise, à un tel niveau, laisse toujours place à son lot de surprises. Il suffit de regarder leur dernière confrontation, qui avait tourné en faveur des Londoniens alors que Sarri ne savait "pas comment gagner face à Guardiola" (NdlR : il s’agissait de sa première victoire face au tacticien espagnol dans toute sa carrière)...



Sources : Transfermarkt, Premier League, Whoscored