Il ne lui a fallu que 3 matchs de Serie A cette saison pour marquer le double de buts inscrit à l’époque avec le RSCA (1 but et 4 passes décisives en 20 apparitions sous le maillot mauve). Lors de ce court passage en 2016, le natif d’Obrenovac, en manque de rythme, démontre un potentiel technique mais ne marque pas les esprits au sein de la capitale bruxelloise. Désormais inscrit dans la liste des nombreux prêts ratés de “stars” à Anderlecht aux côtés de joueurs comme Marko Marin, Diego Capel, Lazar Markovic ou encore Marko Pjaca, Djuricic reprend l'avion pour le Portugal dans une presque totale indifférence.

L'arrivée dans la botte

5 années après son passage au Sporting, le joueur a bien changé. Le Serbe n’a depuis plus quitté l’Italie. Prêté une dernière fois par Benfica à la Sampdoria, l’option d’achat est levée par le club génois en janvier 2017. Mais alors que celui surnommé pendant un temps le “Cruijf des Balkans” à l’occasion de s’installer dans la durée au sein d’un vestiaire, ce dernier ne joue pas. La faute à une collaboration tendue avec son coach Marco Giampaolo : “À la Sampdoria, tout était merveilleux sauf avec Giampaolo : dès le premier jour il ne me voyait pas. J'ai essayé, mais il n'y avait rien à faire. Un jour, je suis allé le voir et lui ai demandé quel était le problème. Il m'a répondu qu’il n'y avait pas de problème et qu’il fallait travailler. J'ai travaillé, mais je n'ai quand même pas joué...”.

Les jours se suivent et se ressemblent pour le Serbe habitué au banc ou aux tribunes et à qui on a définitivement collé l’étiquette de talent gâché. Résultat, 23 petites apparitions (0 buts) en un peu moins de deux saisons. Libre de tout contrat après un prêt anecdotique à Benevento, Sassuolo lui tend une main salvatrice et synonyme de dernière chance. Bien installé dans la province de Modène, le milieu créatif semble reprendre un second souffle grâce à son entraîneur de l’époque Roberto De Zerbi : “Il a changé ma vision du football : avec lui j'ai retrouvé cette continuité que je ne pouvais pas maintenir dans le passé. Il a montré qu'on peut jouer comme on le pense. c'est facile mais le faire c'est tout autre chose”.

L’ex-promesse engrange enfin du temps de jeu. Placé en véritable numéro 10 dans le trident du milieu, il montre une régularité qui lui avait toujours fait défaut jusque-là. En guise de reconnaissance du travail accompli, il est même rappelé en équipe nationale fin 2019, lui qui n’a plus défendu le blason de la Serbie depuis 2016 (époque où il était à Anderlecht).

Un début de saison canon

Avec ses 2 buts en 3 matchs de Serie A (contre Vérone et l’AS Rome), l'actuel numéro 10 titulaire des Noirs et Verts respire la forme en ce début de saison et ce malgré le départ de son coach fétiche au Chakhtar Donetsk. Pour autant, l’arrivée d’Alessio Dionisi au poste de T1 ne semble pas avoir modifié son statut ni son bien-être dans le nord de l’Italie : “Même si nous n'en sommes qu'au début, les prémisses sont très bonnes. Disons que le personnage et l'approche sont similaires. Ce n'est certainement pas un hasard s'il a été choisi, Sassuolo fait les choses bien".

Alors qu’il a de nouveau l’occasion de montrer son élégance balle au pied ce vendredi soir face au Torino de Dennis Praet (ex-coéquipier à Anderlecht et à la Sampdoria), la carrière de Djuricic, qui à déjà 29 ans, garde toujours un goût de trop peu, tant le talent ne correspond pas au parcours chaotique de l’ancien espoir de Benfica.