Ce vendredi, SoFoot publie un long entretien de Jacques-Henri Eyraud datant du 10 février dernier. Entre temps, le propriétaire Frank McCourt a décidé d'évincer le président au profit de Pablo Longoria qui exerçait jusqu'alors la fonction de Head of Football. Dans cette interview, JHE n'a pas manié la langue de bois. "Le foot, et l’OM en particulier, c’est comme Game of Thrones ou Sons of Anarchy, en fait. Or, en matière de série, je préfère le code d’honneur des héros de Peaky Blinders", a-t-il affirmé.

Plus qu'ailleurs dans l'hexagone voire en Europe, une expérience à l'OM est épuisante pour les organismes. Et ce n'est pas l'ancien président qui dira le contraire. "J'ai morflé, oui. Et j’ai beaucoup plus de cheveux blancs. Rien que ça, c’est très frappant..." Pendant ses quatre années sur la Cannebière, il n'a jamais été épargné par la critique. A commencer par l'appellation de son projet "le Champions Project" ou sur la présence de supporters au sein de l'organigramme du club. "J’ai sans doute employé des termes qui étaient excessifs et c’était du pain béni pour mes détracteurs. (…) La passion débordante dans un club de foot peut vous amener à prendre des mauvaises décisions", a-t-il expliqué sur ses erreurs.

JHE règle ses comptes avec la Provence

Selon Jacques-Henri Eyraud, son éviction était attendue depuis longtemps et par des personnes dont il connaissait l'identité. "La coalition qui est contre moi, je l’ai bien identifiée. Elle se compose d’abord de tous ceux qui rêvent de posséder l’OM ou de le diriger. Et puis, vous avez des salariés licenciés ou des anciens joueurs."

Ensuite, l'entrepreneur de 52 ans s'est attaqué à l'un de ses ennemis: La Provence. Le journal régional ne l'a jamais épargné. Et il a la dent dure. "Vous avez des ultras, aujourd’hui interdits de stade, qui ont commis des malversations, des prestataires écartés qui se répandent dans la presse locale. Ce journal a une responsabilité évidente dans le climat actuel, il a franchi la frontière de la diffamation et des injures publiques…" a-t-il pointé du doigt.

Personnage iconique à Marseille, Bernard Tapie n'avait pas été tendre avec l'ex-président. Lors de son licenciement, il avait d'ailleurs donné son avis dans... La Provence. "Ah, il était temps ! À un moment donné, les choses sont tellement évidentes que même le bon sens n'a plus de sens. C'est une décision qui aurait dû être prise bien plus tôt selon moi, mais comme on dit, mieux vaut tard que jamais?"

Malgré ces critiques acerbes, JHE n'a pas voulu critiquer le président du seul titre européen de Marseille. "J’ai eu plein de discussions avec lui, et j’ai adoré ces moments. La plus récente, c’était il n’y a pas si longtemps, en décembre. Il m’appelait pour me dire que les propos que tenait (Mourad) Boudjellal étaient honteux. Je l’entends encore me dire : 'c’est scandaleux, je vais monter au créneau'. Peut-être parce qu’il ne supporte pas qu’un autre que lui soit propriétaire du club… Je ne sais pas."

Sportivement, le club vit une saison très difficile. Après l'incroyable imbroglio autour du départ de Andre Villas Boas, Jorge Sampaoli est venu remplacer le Portugais. Le club végète à une inquiétante huitième place à 20 points de la troisième place.