C'est le défenseur central que Lyon a longtemps recherché depuis le départ du Brésilien Cris en 2012, son match face au Barça (0-0) l'a montré. Jason Denayer avait pourtant été accueilli avec scepticisme en août en provenance de Manchester City où il ne s'était pas imposé.

Beaucoup de ratés

Dans ce secteur de jeu, la liste est longue pour les recrutements plus ou moins ratés, en tout cas jamais pleinement satisfaisants, de Bakary Koné à Milan Bisevac, en passant par Lindsay Rose, Nicolas Nkoulou ou encore Emmanuel Mammana.

Le Brésilien Marcelo, arrivé du Besiktas en 2017, associé mardi à Denayer, a livré une première saison correcte, sans plus, handicapé par sa lenteur, avant d'être davantage en difficulté en 2018-2019.

Mapou Yanga-Mbiwa, recruté en 2015 pour 10 millions d'euros auprès de l'AS Rome, et qui perçoit un salaire très important, est placardisé depuis plus d'un an après des performances souvent catastrophiques et son refus d'accepter des propositions de transferts dans des clubs de second plan.

Finalement le seul véritablement à la hauteur en défense centrale depuis 2012 aura été Samuel Umtiti, formé à l'Académie, devenu champion du monde avec l'équipe de France en Russie et transféré pour 25 millions d'euros en 2016 à Barcelone.

Avec Denayer, l'OL semble enfin tenir son successeur: "Jason a été sur la continuité de sa saison", a commenté l'arrière droit Léo Dubois évoquant la performance du Belge contre le Barça, un match pour lequel il était incertain en raison d'une blessure aux adducteurs vendredi contre Guingamp (2-1). Il n'avait d'ailleurs pas terminé la rencontre face à l'En-Avant.

Second choix

Initialement, l'OL avait jeté son dévolu sur Ruben Dias (21 ans), du Benfica Lisbonne, qui en réclamait 40 millions d'euros.

Beaucoup trop cher pour le club lyonnais qui n'a, au final, déboursé que 10 millions dont 3,5 millions de bonus, pour s'attacher les services de Denayer. Bonne pioche, car à 23 ans il s'impose, semaine après semaine, comme une tour de défense souvent infranchissable.

S'il a fait ses classes chez les jeunes à Manchester City, le Diable Rouge (10 sélections), d'origine congolaise par sa mère, n'y a jamais joué en professionnel. Il a plutôt fait ses gammes au travers de prêts au Celtic Glasgow, à Sunderland et à Galatasaray.

"J'étais assez jeune. Je ne pense pas avoir de regrets car cela m'a permis d'arriver là où je suis aujourd'hui. Je suis content d'avoir pu accomplir ce que j'ai fait dans ma carrière jusqu'à présent", avait-il confié, le 25 novembre à l'AFP avant d'affronter les Citizens en Ligue des champions.

Intégré, adopté

Dans un groupe juvénile, son intégration à l'OL, qui le suivait depuis plusieurs années, a été assez facile "car il n'y avait pas la barrière de la langue".

Fin septembre, seulement un mois après son arrivée, il faisait déjà l'unanimité et Bruno Genesio était ravi de sa recrue, estimant "ne pas pouvoir rêver mieux".

"Il a dit avoir l'impression d'être là depuis longtemps et c'est pareil pour nous. Il nous semble qu'il est là depuis longtemps. Il répond à nos attentes sur le terrain mais il a aussi pris de l'importance dans le groupe notamment dans la manière de commander la défense avec Marcelo", avait confié l'entraîneur de l'OL dans une conférence de presse.

Et pour le public lyonnais, l'adoption a été définitive lorsqu'il a offert la victoire contre Saint-Etienne, le 23 novembre au Groupama Stadium (1-0).

"Le +goal+ contre les Verts m'a fait énormément plaisir. Bien sûr, marquer dans un match spécial, c'est différent et je suis vraiment content", avait-il dit à l'époque.