La scène paraît à peine croyable et pourrait presque prêter à sourire en faisant fi du lourd contexte.

Jusqu’au bout, les joueurs de la Juventus ont fait comme s’ils allaient affronter Naples en sachant très bien que leur adversaire était chez lui, donnant un spectacle tragi-comique. Comment la Serie A en est-elle arrivée là ? À voir l’un de ses premiers chocs de la saison passer à la postérité faute d’opposition ?

Un retour en arrière s’impose. Dimanche 27 septembre dernier, le Napoli bat le Genoa 6-0. Le lendemain, les Génois, privés de Mattia Perin, positif au Covid-19, comptent 14 nouveaux contaminés.

Ce mardi, une première vague de tests voit le Napolitain Zielinski être testé positivement. Puis ce samedi, à la veille de la rencontre, un nouveau cas est révélé : Elif Elmas. La guerre des communiqués s’enclenche.

La Serie A s’accroche à son protocole calé sur celui de l’UEFA et qui se veut limpide : tant que chaque équipe possède 13 joueurs valides, le match doit se jouer. Seules les autorités locales ou gouvernementales peuvent se substituer à ce règlement.

Ce qui a été le cas en croire les Napolitains puisque l’ASL aurait empêché la délégation qui s’apprêtait à s’envoler pour Turin samedi de monter à bord de l’avion. Avec un communiqué peu lisible : "Les testés négatifs n’ont pas interdiction de quitter la ville mais ceux qui ont été en contact avec des cas positifs peuvent se soumettre à un isolement volontaire."

Soit toute l’équipe. Et 16 joueurs (plus quatre membres du staff) dont Dries Mertens étaient donc chez eux ce dimanche selon Sky. Et très loin du Juventus Stadium. Où Andrea Agnelli, le boss de la Vieille Dame, a pris la parole : "Nous avons besoin de clarté. Nous avons découvert deux cas chez nous et nous sommes restés dans notre bulle pour jouer ce match", a-t-il expliqué. "De Laurentiis m’a envoyé un message et m’a parlé de reporter le message. J’ai répondu que la Juve, comme toujours, s’en tenait au règlement et aux protocoles." Qui, pour l’instant, vont lui donner match gagné 3-0 avant l’appel de Naples. Preuve que si le match n’a pas joué, il n’est pas prêt d’être terminé…