Jean-Claude Buisine s'est confié à nos confrères de L'Equipe.

Il y a des images qui restent gravées à jamais dans les mémoires. Celle des supporters lillois s'écrasant au sol après le but inscrit par leur équipe est l'une d'elles.

On joue la 16e minute de jeu au stade de la Licorne, à Amiens. Ballo-Touré ouvre le score pour la bande à Bielsa. Ivres de joie, les supporters lillois descendent la tribune à toute allure pour fêter le but avec les joueurs. La barrière les retenant cède alors brutalement. 

Des dizaines de supporters se retrouvent alors au sol, deux mètres plus bas. Certains sont écrasés, en dessous, sous le poids insoutenable des autres supporters.

Stadier du LOSC et présent en tribune, Jean-Clause Buisine témoigne du manque de sécurité qu'il a pu observer dans le stade. "Là, il y a une grosse négligence au niveau de la sécurité. C'est quand même un stade très, très dangereux. Déjà, les grilles étaient basses. Moi, elles m'arrivent vraiment au bas du dos et, là, ce n'est pas évident pour arrêter les gens. Si en plus c'est mal fixé... Même les panneaux publicitaires qui étaient en dessous étaient maintenus avec des Colson (des attaches en plastique). Faut pas déconner ! On a regardé ça, on s'est dit : "Ça tient avec des Colson !" C'est honteux quoi."

Fraîchement sorti de l'hôpital, l'homme l'a échappé belle samedi soir... et il en a bien conscience. "C'est arrivé tellement vite... Je suis juste derrière la banderole, là où ça tombe. Je suis de dos, contre la barrière, et j'essaie de contenir. J'étais face à la tribune. Je me suis senti partir vers l'arrière et tout le monde me tombe dessus. Je retombe sur la grille avec tous les gens sur moi. Je me dégage comme je peux pour me sortir de là et après, je vais aider les gens qui sont au sol... J'ai continué à bosser. Je suis remonté pour essayer de calmer les autres supporters. Il y a un moment où je ne peux plus parce que mon dos me fait trop mal."

"Ça s'est bien fini quand même. On a eu beaucoup de chance. Au début, je me dis même que ça peut être plus grave que ça. Il y a quand même beaucoup de gens au sol. Et je trouvais que certains étaient vraiment mal en point. Franchement, c'est un miracle qu'il n'y ait pas eu de morts", conclut le stadier de 52 ans.