Ouf, le Real Madrid respire encore: longtemps en apnée, l'équipe merengue a renversé Valladolid avec un doublé de Karim Benzema (4-1), dimanche pour la 27e journée du Championnat d'Espagne, stoppant son hémorragie de résultats. De quoi redonner de l'air à l'entraîneur Santiago Solari ?

Au stade Zorrilla, le Real a bien failli sombrer en première période et n'a dû son salut qu'à un penalty manqué par Ruben Alcaraz (11e) et l'annulation de deux buts du club promu pour hors-jeu (14e, 18e) après recours à l'arbitrage vidéo (VAR).

Mais après l'ouverture du score d'Anuar (29e), Raphaël Varane a aussitôt égalisé (34e) et Benzema a fait honneur à son brassard de capitaine en marquant sur penalty (51e) puis sur une tête piquée impeccable (58e). Casemiro a été exclu pour un second carton jaune (80e) avant que le Ballon d'Or Luka Modric ne scelle le score (85e).

Après une semaine noire où le Real a perdu deux clasicos puis abandonné sa couronne européenne en chutant contre l'Ajax, ce succès lui offre un peu d'oxygène pour consolider sa troisième place (51 pts), à douze longueurs derrière le leader Barcelone (1er, 63 pts).

Reste à savoir si ce sera suffisant pour que Solari, sous contrat jusqu'en 2021 mais très fragilisé, garde son poste jusqu'à la fin de la saison: des rumeurs de limogeage ont couru tout le week-end.

Le sphinx Florentino Pérez

En tribune aux côtés du nouveau propriétaire de Valladolid, à savoir son ancien joueur brésilien Ronaldo, le président merengue Florentino Pérez avait des airs de sphinx dimanche.

A lui de choisir: changer d'entraîneur une deuxième fois cette saison ou bien laisser Solari terminer cette Liga et tenter d'assurer l'une des quatre premières places synonymes de C1.

En attendant, le Real a eu le sursaut espéré malgré plusieurs blessés (Bale, Vinicius, Lucas Vazquez, Carvajal), la suspension du capitaine Sergio Ramos et une première période cauchemardesque dimanche.

Dès la 10e minute, le latéral Alvaro Odriozola a grossièrement accroché un attaquant adverse, offrant à Valladolid un penalty. Sauf que Ruben Alcaraz a inexplicablement expédié le ballon au-dessus (11e) !

Le club promu ne s'est pas découragé pour autant, multipliant les déferlantes dans le sillage de l'intenable Sergi Guardiola.

Triplé de Ben Yedder

Qui se souvient du destin contrarié de cet ailier qui aurait dû jouer avec la réserve du Barça ? Juste après avoir signé son contrat en 2015, des messages pro-Real insultant le club blaugrana et la Catalogne avaient été découverts sur son compte Twitter, lui valant licenciement immédiat.

Dimanche, il a cru ouvrir le score à deux reprises (14e, 18e), mais à chaque fois, l'action a été annulée pour hors-jeu. Guardiola s'est consolé en étant passeur décisif sur le but du plat du pied d'Anuar (29e).

A ce moment-là du match, le Real était groggy et semblait tout proche de l'effondrement. Mais un fait de jeu l'a remis dans le match: le gardien Jordi Masip, ancien du Barça, s'est troué sur une sortie aérienne et Varane n'a eu qu'à pousser le ballon au fond, trop heureux d'égaliser (34e)

Cela a redonné courage aux Madrilènes, qui se sont mis à dominer: Odriozola s'est rattrapé de sa bourde initiale en obtenant à son tour un penalty, transformé par Benzema (51e).

Puis l'avant-centre français a soulagé les siens d'un coup de tête magistral (58e) qui a rendu la fin de match beaucoup plus respirable, malgré une tentative de Guardiola sur le poteau (77e) et l'exclusion évitable de Casemiro.

Bref, dans la tempête, Benzema a tenu le cap. Et comme c'était la journée des Français en Liga, son compatriote Wissam Ben Yedder a également brillé avec Séville, inscrivant un triplé lors du festival offensif réussi contre la Real Sociedad (5-2).