Enfin mordant, le Real Madrid a battu Valence 2-0 pour rebondir au classement du Championnat d'Espagne malgré son manque persistant de réalisme offensif, samedi pour la 14e journée, revenant provisoirement à trois longueurs du leader Séville, qui joue dimanche.

Un but contre son camp inscrit par Daniel Wass (8e) et une reprise de Lucas Vazquez sur une offrande de Karim Benzema (83e) ont suffi aux Madrilènes pour l'emporter à domicile au stade Santiago-Bernabeu.

Et le public merengue en a profité pour ovationner le meneur croate Luka Modric, grand favori du Ballon d'Or, à l'approche de l'attribution du prestigieux trophée individuel lundi à Paris.

Après la rechute subie à Eibar le week-end dernier (3-0), ce succès confirme que le Real (5e, 23 pts) a retrouvé des couleurs sous la direction du nouvel entraîneur Santiago Solari.

"Ce que nous avons réussi à accomplir en première période, j'aimerais que nous puissions le reproduire plus souvent. C'était une belle première période et un beau match en général", a savouré Solari en conférence de presse.

Son équipe reste dans le sillage du Séville FC (1er, 26 pts) et du FC Barcelone (2e, 25 pts), opposés respectivement à Alavés et Villarreal dimanche.

Evidemment, les buts sont arrivés au compte-goutte et pour les frissons au stade Bernabeu, il faudra sans doute attendre la finale retour de la Copa Libertadores délocalisée à Madrid le week-end prochain entre River Plate et Boca Juniors.

Esprit de combat

Mais l'équipe merengue, si irrégulière cette saison, est redevenue incisive samedi pour écarter des Valenciens bien timides. Et évidemment, quand le Real se met à gagner les duels et à s'imposer dans le pressing, à l'image de Karim Benzema, les choses sont plus faciles...

Ainsi le latéral Dani Carvajal a-t-il arraché un ballon dans la surface adverse, éliminé un défenseur d'un crochet et expédié un centre puissant malencontreusement détourné dans son propre but par le Danois, Daniel Wass (8e).

L'une des trouvailles de Solari est d'avoir titularisé dans l'entrejeu le jeune Marcos Llorente à la place du Brésilien Casemiro blessé, stabilisant l'édifice défensif.

Malgré son avantage précoce, le Real a néanmoins peiné à concrétiser son net ascendant sur des tentatives de Benzema (3e, 37e) ou Gareth Bale (14e, 29e, 38e), lequel reste sur dix matches d'affilée sans marquer en Liga.

Quant à Marco Asensio, il a tiré sur un défenseur seul face à la cage ouverte (73e) avant que Lucas Vazquez ne libère le Bernabeu sur un service de Benzema (83e).

Manque d'efficacité

Ce manque d'efficacité, qui souligne cruellement le départ non-remplacé de Cristiano Ronaldo à l'intersaison, aurait pu coûter cher en seconde période lorsque Santi Mina a tiré au-dessus seul devant le gardien merengue Thibaut Courtois (54e), ou sur trois occasions brûlantes de Mina, Gabriel Paulista et Michy Batshuayi, toutes annulées pour hors-jeu.

Mais malgré ces difficultés récurrentes, à aucun moment l'équipe merengue n'a semblé orpheline du petit meneur de jeu Isco, auquel l'entraîneur Santiago Solari n'accorde qu'une confiance réduite: aucune titularisation en sept rencontres depuis la nomination de l'Argentin fin octobre!

Symbole de réconciliation, Isco a toutefois été lancé en fin de match sous les applaudissements du Bernabeu.

Quant à Modric, il retrouve petit à petit sa forme de vice-champion du monde et de principal candidat à l'obtention du Ballon d'Or lundi à Paris: dribbles tranchants, passes ajustées et quelques tentatives, comme cette frappe trop enlevée (54e).

Et il a cédé sa place à vingt minutes de la fin sous l'ovation méritée du Bernabeu. "C'est un joueur exceptionnel, Modric l'a démontré tout au long de sa carrière", a souligné Solari.