Un club historique de la L1 va tomber début mai. Ce n'est qu'une question de jours et Metz (62 saisons dans l'élite) coche toutes les cases depuis plusieurs semaines, juste devant Bordeaux (70 saisons, six titres), pour être le premier à être relégué en Ligue 2.

Les Grenats ne se font plus guère d'illusions quant à leur avenir, à écouter leur entraîneur Frédéric Antonetti. Une victoire, il est vrai hypothétique, de Saint-Étienne à Rennes samedi soir, doublée d'une défaite messine dimanche (15h00) à Montpellier, et la relégation serait même déjà effective au soir de cette 35e journée.

En Gironde, on se veut encore combatif car le débours de quatre points (plus une grosse différence de buts à combler) sur les Verts, actuellement barragistes, n'est pas totalement rédhibitoire avec quatre matches à jouer.

Bordeaux affronte dimanche (17h05) des Niçois qui visent l'Europe mais auront peut-être un peu la tête à leur finale de Coupe de France contre Nantes, six jours plus tard au Stade de France. Il faut bien s'accrocher à quelque chose quand on affiche depuis des mois tant de carences et de fébrilité que les Girondins.

- La Lorraine porte sa croix -

A l'instar de Nancy en L2, bon dernier et condamné au National, Metz patine en L1. Sept points de retard sur l'ASSE, neuf sur Clermont (17e), la cause est presque entendue.

"Il faut être raisonnable dans la vie, estime Antonetti. On a gagné un match sur la phase retour (1-0 à Reims en janvier). Le discours sur le match de la dernière chance était valable jusqu'au dernier match contre Brest (0-1), c'était encore jouable même si les chances étaient de 0,01%. Il faudrait quatre victoires en espérant que les autres perdent quatre matches ! Hé, faut pas exagérer non plus, ni prendre les gens pour des cons".

L'épilogue est cruel mais tellement prévisible pour les Messins, pas aidés par les événements, qui semblent avoir laissé filer le train du maintien lors de la première quinzaine d'avril.

"Il y avait une chance, je pense qu'on l'a ratée. On a mené deux fois 1-0, contre Clermont et Bordeaux. On ne l'a pas saisie, a reconnu le technicien corse. Et puis, je me suis aperçu que personne n'y croyait. J'étais un peu le seul à y croire. À un moment donné, faire les Don Quichotte, ça va cinq minutes. Je ne me bats pas contre les moulins à vent. J'ai vu que le public n'y croyait plus. Si personne n'y croit... Je prends acte".

- Des Girondins à la vie, à la mort -

Des matches estampillés "de la dernière chance", Bordeaux en a joués quatre à domicile depuis deux mois. Il est passé à côté des deux premiers (0-2 contre Troyes et Montpellier), s'est ressaisi contre Metz (3-1) mais n'a pas su confirmer contre Saint-Etienne (2-2).

Quid de celui contre Nice ? "A la vie, à la mort ? On peut le voir comme ça, dit le capitaine Josuha Guilavogui. A la vie, car une victoire représenterait trois points qui nous laisseraient en vie pour les trois derniers matches. A la mort, car avec le temps il y aura moins d'opportunités pour accrocher cette place de barragiste ou la 17e place".

Cette semaine, après la désillusion à Nantes (défaite 5-3 après avoir mené 2-0 à la pause), les hommes de David Guion ont eu droit à une introspection. L'accent a été mis sur "la stabilité émotionnelle", "la fraîcheur mentale", "le sens du sacrifice", en pointant "ces moments d'instabilité qu'il faut régler".

"Qu'on se tire tous vers le haut", a souhaité Guion qui aimerait retrouver "des joueurs décisifs offensivement et défensivement".