Fin de série: Monaco a été stoppé dans son redressement en vivant un nouveau naufrage samedi à Montpellier (3-1) lors de la 9e journée de Ligue 1, pour la première fois depuis près de trente ans.

Monaco (14e), bête noire des Héraultais, n'avait plus perdu à la Mosson depuis le 23 décembre 1990 (2-1). Samedi, au-delà de son début de match, l'ASM a totalement flanché sur le plan défensif pour encaisser trois buts en 25 minutes par le meneur de jeu Florent Mollet (31e), le défenseur portugais Pedro Mendes (39e) et l'attaquant Andy Delort (56e).

Le but de Wissam Ben Yedder en fin de match (68e) ne peut atténuer la faillite monégasque, marquée par l'expulsion du milieu russe Aleksandr Golovin (81e).

Le club de la Principauté connaît donc un coup d'arrêt à son redressement, amorcé avec sept points pris en trois journées.

Cette défaite, trois semaines après le nul à Reims (0-0), est bien le signe que l'équipe de Leonardo Jardim est encore convalescente. Malgré un recrutement gros et tardif, elle n'est pas encore sortie de la crise qui la taraude depuis plus d'un an.

Samedi, l'ancien gardien de Montpellier Benjamin Lecomte, de retour pour la première fois à la Mosson au côté de Ruben Aguilar, a encore encaissé trois buts derrière une défense renforcée et pourtant très friable.

Coup d'éclat

A l'inverse, Montpellier réalise un coup d'éclat historique, éteint la crispation née de sa dernière défaite à Strasbourg (1-0) et se relance pour occuper provisoirement la 6e place..

Grâce à cette quatrième victoire consécutive à la Mosson, après celles devant Lyon, Nice et Nîmes, l'équipe de Michel Der Zakarian confirme sa souveraineté devant son public. En attendant de renouer avec le succès à l'extérieur, elle se rassure et mise sur le retour de son milieu de terrain Téji Savanier, resté en tribunes.

L'ASM a fait illusion durant la première demi-heure avant de s'effacer devant la rébellion de Montpellier et de laisser à l'abandon Benjamin Lecomte.

L'équipe de Jardim a totalement craqué après avoir gâché trois occasions en début de match. Islam Slimani a mal ajusté une tête (8e), avant que celle du défenseur polonais Kamil Glik (15e) ne soit repoussée par Geronimo Rulli. Enfin, Golovin, décalé par Cesc Fabregas, a trop croisé sa frappe (26e). Trois occasions et puis presque plus rien.

Montpellier, presque miraculé, a profité du relâchement monégasque, et de son manque d'investissement en défense, pour marquer à deux reprises dans le dernier quart d'heure de la première période. Mollet a trompé Lecomte d'une tête décroisée après un centre de Gaëtan Laborde (31e).

Huit minutes plus tard, à la suite d'un corner de Mollet, le défenseur Pedro Mendes a repris un ballon dégagé par Lecomte suite à une tête d'Andy Delort. Dans l'intervalle, le nouveau gardien monégasque avait gagné son duel avec Delort (34e) puis détourné une demi-volée de Laborde (36e).

Même scénario à la reprise. Après deux actions avortées par son défenseur chilien Guillermo Maripan, Monaco a encaissé un fatal troisième but. Sur un centre de Mollet, bien servi par Laborde, Delort a parachevé l'action.

Petit point noir pour Montpellier: son international algérien s'est blessé aux adducteurs.

Le duo Slimani-Ben Yedder, bien timide, s'est réveillé à la 69e minute, sur un magnifique lob de l'international français.

Dans les vingt dernières minutes, Leonardo Jardim a remplacé Cesc Fabregas et Maripan par Keita Baldé et Ruben Aguilar pour réorganiser son équipe en 4-2-4. C'était trop tard et insuffisant pour sauver Monaco de ce naufrage.

Nantes, imprenable à la Beaujoire, bat Nice au bout du suspense

Imprenable à la Beaujoire, Nantes a battu Nice (1-0) au bout du suspense, grâce à une tête du Nigérian Moses Simon à la 86e minute, et pris samedi soir la deuxième place de la Ligue 1, derrière le Paris SG.

Un 0-0 (contre l'OM) et quatre victoires 1-0 à la maison, qui s'ajoutent à deux autres victoires à l'extérieur, à Amiens (2-1) et surtout Lyon (1-0): le compte est bon, ça fait bien 19 points en neuf matches, soit le meilleur début de saison des Canaris depuis la saison 1994-95.

C'est grâce à une solidarité totale et une défense en béton armé: aucun but encaissé par Alban Lafont, le gardien des Espoirs, en cinq matches à domicile. "Je me répète mais on a une défense centrale énorme", a dit Gourcuff. "Si (Andrei) Girotto continue comme ça, il va finir en Seleçao", a ajouté le coach breton, en ne plaisantant qu'à moitié au sujet de son défenseur central brésilien.

Le but de Simon est venu récompenser une pression de tous les instants pendant la totalité de la seconde période, qui a littéralement asphyxié l'une des plus jeunes équipes de Ligue 1. Les joueurs de Patrick Vieira ont résisté longtemps, mais ils ont craqué à la fin, face au pressing des "Gourcuff Boys".

"Il nous a manqué quelque chose d'essentiel, l'agressivité", a regretté Vieira. "On use nos adversaires, par notre pressing, notre conservation du ballon", a résumé Gourcuff, très satisfait de ses troupes, même si l'accouchement du but victorieux a, encore une fois, été long et difficile.

Simon, le libérateur

Nice, vêtu d'un maillot bleu "third" façon Sampdoria de Gênes, restait sur deux victoires à la Beaujoire et récupérait son capitaine Dante, avec l'objectif de rejoindre Nantes au classement. Mais ce sont les Canaris qui ont débuté sur les chapeaux de roues, sous les yeux de leur ancien capitaine Valentin Rongier, défait vendredi soir à Amiens avec l'OM (3-1).

La première grosse occasion est venue de son successeur, Abdoulaye Touré. Tout seul aux 16 mètres, il a tiré au-dessus des cages de Walter Benitez, dans la tribune de la Brigade Loire (20e), après un joli raid de Ludovic Blas.

Ce même Benitez a ensuite plongé sur une tête piquée de Kalifa Coulibaly après un centre parfait de Simon (27e). Puis Ludovic Blas, de plus en plus en jambes, a tiré au ras de la transversale de Benitez (29e).

Côté niçois, le danger est parfois venu de l'Algérien Youcef Atal. Le champion d'Afrique, très rapide sur le flanc droit, était surveillé de près par l'intraitable Nicolas Pallois, short retroussé, dans une version moderne de David et Goliath. Avec aussi un tir d'Alexis Claude-Maurice (37e), bien capté par Lafont.

La deuxième période a été une longue démonstration de jeu à la nantaise marquée par une série de jolies combinaisons entre Simon, intenable, et le Péruvien Cristian Benavente, qui ont failli ouvrir le score. Puis avec les remplaçants Imran Louza et Kader Bamba, entrés à l'heure de jeu pour finir le travail de sape de leurs coéquipiers.

Il y a eu des frappes dévissées ou trop croisées d'Abeid et Blas, Benavente s'est retrouvé seul face à Benitez (60e) après un nouveau raid de Simon, il y a eu deux tirs de Simon (61e, 63e) repoussés par le gardien niçois, et deux occasions franches pour Coulibaly: Dante lui a d'abord chipé le ballon, in extremis, au deuxième poteau (67e), puis sa tête est passée au dessus (75e).

Les quelque 24.000 spectateurs de la Beaujoire étaient chauds, ils ont continué à pousser, et ils ont enfin été récompensés: grand pont de Kader Bamba sur Malang Sarr, à droite, puis centre parfait sur la tête de Simon (86e) pour le but libérateur. Ponctué d'un quadruple salto du petit international nigérian. L'homme du match, le héros du jour, dans une équipe pas comme les autres.