Le principal groupe de supporters Ultras de la Lazio Rome a dénoncé mercredi un "théâtre médiatique" après la tempête déclenchée par la découverte au stade olympique d'images d'Anne Frank, annonçant qu'il n'irait pas à Bologne où doit jouer leur équipe dans la soirée. 

"Les 'Irriducibili Lazio' se voient contraints de renoncer au déplacement à Bologne pour ne pas être complices du théâtre médiatique de ces dernières heures", écrivent les responsables du groupe dans un communiqué diffusé sur Facebook.

"Notre manière habituelle d'être supporters pourrait être aujourd'hui mal interprétée par ceux qui voudraient ensuite porter atteinte à la Lazio et à ses tifosi. Dans ce moment particulier, nous invitons tous les tifosi de la Lazio à essayer de ne pas prêter le flanc à de nouvelles instrumentalisations et à se souvenir que pour nous, la réussite de la Lazio est prioritaire", ajoutent-ils.

La découverte lundi dans les tribunes du stade Olympique de Rome d'autocollants figurant Anne Frank avec un maillot de l'AS Rome, le club rival de la Lazio, a suscité une très forte vague de critiques en Italie et au-delà.

La Fédération italienne de football (Figc) a annoncé une minute de réflexion sur la Shoah, avec la lecture avant les matches prévus mercredi d'un extrait du célèbre journal de la jeune fille juive morte en déportation. Les joueurs de la Lazio devraient également s'échauffer avec un maillot à l'effigie d'Anne Frank avant leur match à Bologne.

Le président de la République, Sergio Mattarella, a appelé mardi le ministre de l'Intérieur, Marco Minniti, pour s'assurer que les responsables seraient identifiés et "définitivement bannis des stades".

Selon la presse italienne, les enquêteurs ont pour l'instant identifié 16 suspects sur les images des caméras de surveillance. Trois d'entre eux sont mineurs, dont l'un a seulement 13 ans.

Dimanche, les supporters de la Lazio avaient assisté au match de leur équipe face à Cagliari depuis le virage des fans de la Roma, leur virage habituel étant fermé pour deux matches après des cris de singes lancés pendant une rencontre début octobre.

Alors qu'une procédure a également été ouverte par les instances disciplinaires de la fédération, le président de la Lazio Claudio Lotito a assuré mercredi qu'il ne s'attendait à "aucune sanction".

"Je ne m'attends à rien parce que le club n'a rien fait. Au contraire, il a mis en oeuvre des mesures pour lutter contre le racisme" et l'antisémitisme, a déclaré M. Lotito à la radio Radio Capital.

"Ces autocollants ? C'est le comportement de 15 idiots qui ne savent pas ce qu'ils font", a-t-il ajouté.