Alvaro a-t-il traité Neymar de "singe", comme le Brésilien l'assure ? Celui-ci a-t-il répliqué par des propos injurieux à caractère homophobe à l'encontre de l'Espagnol, comme le clame une chaîne espagnole ? A-t-il par ailleurs proféré une insulte raciste envers le Japonais Hiroki Sakai, ce qu'une source proche de l'OM croit savoir ?

Ces accusations ont animé un débat nourri depuis le "Classique" du championnat de France, remporté par les Marseillais au Parc des Princes (1-0) au terme d'une rencontre d'une rare agressivité, terminée entre bagarres, insultes et exclusions.

L'épilogue est programmé mercredi soir, à l'issue de la réunion de la Commission de discipline de la Ligue de football professionnel (LFP), sauf improbable report du verdict. La Commission avait ouvert une instruction dès le 16 septembre, trois jours après la rencontre, au sujet du "comportement" des deux joueurs, et a donc eu deux semaines pour instruire le dossier.

- Jusqu'à 10 matches de suspension -

Si le règlement disciplinaire de la Fédération française prévoit dix matches de suspension pour un "comportement raciste ou discriminatoire", ces sanctions peuvent être "diminuées", "augmentées", ou "assorties en tout ou partie du sursis" selon les "circonstances", indique ce même règlement.

La jurisprudence est quasiment inexistante dans ce genre de dossier: les cas impliquant directement des joueurs restent assez rares dans l'histoire récente de la Ligue 1.

En 2007, l'attaquant de Lyon Milan Baros avait été sanctionné de trois matches de suspension pour s'être pincé le nez en agitant une main devant, comme pour éventer une mauvaise odeur, en s'adressant au joueur camerounais de Rennes Stéphane Mbia.

Et plus récemment, en 2013, l'Anglais de Marseille Joey Barton avait écopé de deux matches de suspension avec sursis de la part du Conseil national de l'éthique (CNE) après avoir traité le Parisien Thiago Silva de "gros" et de "transsexuel", notamment, sur les réseaux sociaux.

Après plusieurs jours d'accusations croisées entre Paris et Marseille, l'animosité est peu à peu retombée en attendant le verdict. "On laisse la Ligue mener son enquête. Le joueur a été appelé par la commission, je ne peux rien dire s'il y a enquête, à la Ligue de mener ses investigations", a dédramatisé jeudi dernier André Villas-Boas, l'entraîneur marseillais.

- Tuchel "inquiet" -

Cette affaire Alvaro-Neymar, "ça dure", a regretté son partenaire Morgan Sanson. "Nous, on a apporté notre soutien à Alvaro. C'est très fort émotionnellement, très compliqué, c'est un grand garçon concentré sur sa performance, mais difficile de ne pas être perturbé", a-t-il ajouté, alors que l'Espagnol a porté plainte après avoir reçu des menaces de mort par milliers après la rencontre.

Côté parisien, l'entraîneur Thomas Tuchel s'est dit "inquiet" en vue du verdict, jugeant "pas équilibrées" les sanctions déjà prises par la commission de discipline alors que "sur le terrain j'ai eu le sentiment que l'agression et la réaction étaient équilibrées".

Deux salves de sanctions ont en effet déjà été prononcées: la première a concerné les Marseillais Jordan Amavi (3 matches) et Dario Benedetto (1 match), et les Parisiens Layvin Kurzawa (6 matches), Leandro Paredes (2 matches ferme plus un avec sursis) ainsi que Neymar, déjà (2 matches ferme plus un avec sursis).

La seconde a épinglé Angel Di Maria (4 matches) pour un crachat en direction d'Alvaro Gonzalez. Ce qui promet au PSG un effectif encore décimé ces prochaines semaines, si Neymar venait à être suspendu pendant plusieurs matches...