Cette élimination, la première dès les huitièmes de finale depuis 2007 pour le club catalan, marque probablement la fin d'une ère, d'autant que les quarts de C1 se disputeront cette saison sans Messi ni Cristiano Ronaldo, une absence inédite depuis... 2005.

Mais en Catalogne, on veut croire aussi que c'est le début d'un nouveau cycle. "On a donné une bonne image, on a fait un grand match", a résumé l'attaquant français Antoine Griezmann.

Oubliées les dernières désillusions européennes, du 4-0 subi à Liverpool au 8-2 encaissé face au Bayern, en passant par le 4-1 essuyé au Camp Nou face au PSG en huitièmes aller mi-février. Oubliées la perquisition et les arrestations qui ont secoué le club la semaine dernière, dans le cadre de l'affaire de calomnies en ligne dite du "Barçagate". Oubliées les envies de départ de Messi, en fin de contrat en juin et toujours indécis sur son avenir.

Depuis quelques jours, le Barça revit. La volonté montrée sur la pelouse du Parc des Princes, les progrès de l'équipe de Ronald Koeman concrétisés par une qualification renversante en demi-finale retour de Coupe du Roi contre Séville (0-2, 3-0 a.p.), et l'élection du président Joan Laporta dimanche ont fait souffler un vent d'espoir.

"En quelques jours, le Barça est passé de l'enfer au purgatoire. D'être éliminé de la Coupe du Roi à être en finale, d'avoir perdu la Liga à être toujours plus proche de l'Atlético, d'être brûlé à renaître de ses cendres", a résumé l'entraîneure de football Patricia Campos Domenech dans une chronique publiée jeudi dans le quotidien sportif Mundo Deportivo.

"Avec honneur!" 

"Avec un Messi enthousiaste, un Koeman au purgatoire et un Laporta ressuscité, le Barça peut à nouveau lever la tête, regarder vers le ciel, et peut-être qu'un jour, il pourra à nouveau l'effleurer", écrit-elle.

La presse catalane est unanime jeudi au sujet de cette élimination: "Avec honneur!", ont titré Mundo Deportivo et Sport à l'unisson, tandis que L'Esportiu regrette d'avoir vu "Tout, sauf les buts". "L'orgueil ne suffit pas", a toutefois souligné le quotidien sportif madrilène As.

"Le match d'hier (mercredi), le meilleur de la saison, a au moins servi à laver l'image blaugrana et à récupérer la dignité perdue lors des dernières humiliations continentales. Il n'y a pas eu de miracle, j'insiste, mais bien la conviction que ce Barça commence à ressusciter", a souligné Lluis Mascaro, le directeur-adjoint du quotidien catalan Sport, dans un éditorial.

Même enthousiasme dans le vestiaire, qui veut croire à des jours meilleurs.

Une note d'espoir pour garder Messi ?

"Sacré match. Enorme mérite, après le résultat du match aller. Fier des miens. La saison est encore longue et on va rivaliser jusqu'au bout. La tête haute, et on continue ! Allez Barça", a écrit l'emblématique défenseur central catalan Gerard Piqué sur Twitter, alors qu'il était blessé pour ce match.

Et toute la Catalogne se prend à espérer que cette note d'espoir convainque Messi (33 ans) de prolonger enfin son contrat, en dépit des rumeurs l'envoyant au Paris SG ou à Manchester City.

Selon l'entraîneur Ronald Koeman, cette élimination avec la manière pourrait même le convaincre de rester: "Leo constate que l'équipe est sur une phase ascendante. Avec les changements que nous avons introduits, notamment des jeunes joueurs d'avenir, je ne pense pas qu'il faille avoir de doute sur l'avenir de cette équipe", a affirmé le technicien néerlandais au micro de la chaîne espagnole Movistar, avant de préciser ensuite en conférence de presse: "Du moins, ce (match) ne sera pas un argument de plus pour qu'il s'en aille".

A six points de l'Atlético en Liga, qualifié pour la finale de la Coupe du Roi contre l'Athletic Bilbao mi-avril, le Barça peut encore sauver une saison jusque-là éprouvante. Et peut-être retrouver des raisons d'espérer.