"Je ne sais pas quel sera son avenir, mais il se destine à une très grande carrière. Pour le moment, on en profite et j'espère qu'il va garder les pieds sur terre", a souligné récemment l'entraîneur de la Viola, Vincenzo Italiano, au sujet de "DV9". Avec son doublé contre l'AC Milan (4-3), le 20 novembre, le puissant attaquant (1,90 m) a volé la vedette à son idole Zlatan Ibrahimovic, dont il garde précieusement le maillot qu'il lui avait dédicacé il y a quelques temps.

Porté par la qualification de la Serbie pour le prochain Mondial, arrachée contre le Portugal de Cristiano Ronaldo (2-1) le 14 novembre, Vlahovic enchaîne les buts (5 lors des 4 derniers matches) et mène le classement italien des buteurs avec Ciro Immobile (13 buts en 16 matches). De la tête, en vitesse, en force ou avec sang-froid du point de penalty (douze sur douze à l'exercice en Italie), il impressionne par sa palette large, dont la Fiorentina profite pour se mêler à nouveau à la lutte européenne (5e ex-aequo).

"A mille à l'heure"

"Sa force, c'est son attitude pendant la semaine, il s'entraîne toujours à mille à l'heure. Et ses prestations en sont la conséquence", assure son entraîneur. Vlahovic est arrivé en 2018, à seulement 18 ans, en provenance du Partizan Belgrade. Il a immédiatement débuté en Serie A, tout en disputant et gagnant la Coupe d'Italie avec l'équipe des jeunes, avec trois buts contre le Torino lors de la finale en aller/retour.

Il a ensuite continué à progresser (6 buts en 2019-2020, 21 la saison dernière), pris sous son aile par Franck Ribéry lors de ses deux saisons en Toscane (2019-2021). "C'était comme un petit frère, c'est quelqu'un de bien, avec une bonne mentalité", assurait cet été Ribéry, 38 ans, en débarquant à la Salernitana, où il a signé faute d'avoir obtenu la prolongation qu'il espérait à la Viola.

"Je suis content pour lui, car quand il a eu des moments difficiles, on a beaucoup parlé autour de cafés sur la façon de travailler, de se comporter", avait ajouté Ribéry, de retour samedi au stade Artemio-Franchi avec le promu, lanterne rouge. "Je le remercie, je le considère comme mon grand frère", a assuré en retour Vlahovic en septembre.

Pression du patron

Outre ses qualités physiques et techniques, "DV9" a affiché sa solidité mentale pour répondre sur le terrain aux sifflets de certains supporters de la Fiorentina lui reprochant de ne pas prolonger son contrat courant jusqu'en 2023. Début octobre, le propriétaire du club, le magnat italo-américain Rocco Commisso, a en effet mis la pression sur son jeune attaquant. Dans un communiqué très officiel, il a expliqué que Vlahovic avait refusé "une offre très importante, qui aurait fait de lui le joueur le mieux payé de l'histoire du club".

"Ce n'est pas terminé", a assuré Commisso la semaine dernière sur Radio 24. "Je ne me ferai pas rançonner. Je ne sais pas s'il ira à la Juventus, à Arsenal, ou ailleurs, mais je rappelle que la Fiorentina est propriétaire du joueur. Ceux qui le veulent doivent parler avec nous, pas avec ses agents", a clarifié le patron.

Vlahovic lui-même reste discret sur ses envies. Il avait expliqué en septembre que sa décision de rester, l'été dernier, avait été un choix "de coeur": "je sentais que je devais rester. Ici je peux encore progresser (...). Je suis arrivé quand j'étais très jeune, c'est ma seconde maison", avait-il confié à DAZN. Une maison à laquelle plusieurs clubs pourraient venir toquer dès janvier, à l'ouverture du mercato hivernal.