La nouvelle vie du buteur le plus rapide de l'histoire de la Coupe du Monde est loin d'être rose: il a fui le régime de Recep Tayyip Erdogan et vit désormais de petits boulots.

Filip De Wilde en fait encore des cauchemars. Bourreau des Diables Rouges à l'Euro 2000 avec la Turquie, Hakan Sukur est le joueur turc le plus marquant de l'histoire. C'est lui qui était capitaine de la sélection (112 sélections, 51 buts) qui a terminé à la troisième place de la Coupe du Monde 2002. Avec au passage, un record qu'il détient toujours: celui du but le plus rapide de l'histoire en phase finale d'un Mondial, après seulement 10,8 secondes de jeu. Avec le Galatasaray, il a aussi gagné la Coupe de l'UEFA en 2000. Voilà pour les plus jeunes qui ne se souviennent pas de cette immense icône.


Près de 20 ans plus tard, le quotidien de l'ancien attaquant a pourtant radicalement changé. Il est aujourd'hui exilé à Washington, après s'être opposé au régime du président Erdogan. Après avoir vu tous ses avoirs gelés, Sukur vit de petits boulots et est actuellement chauffeur pour Uber. Il a raconté sa nouvelle vie auprès de l'hebdomadaire allemand Welt am Sonntag. "Erdogan m'a tout pris. Mon droit à la liberté, le droit de m'expliquer, de m'exprimer, le droit au travail", a expliqué l'homme de 48 ans.

Pourtant en 2011, Hakan Sukur avait rejoint l'AKP, le parti d'Erdogan. Il a toutefois très vite déchanté, démissionnant deux ans plus tard de son rôle de député. C'est là que les problèmes ont commencé. "La boutique de ma femme a été visée par des jets de pierre, mes enfants ont été harcelés dans la rue. J'ai reçu des menaces après chaque déclaration que j'ai faite", explique-t-il.

Seule solution qui se présentait à lui et sa famille: fuir. Un exil qui a, selon lui, mené à l’emprisonnement de son père, pourtant gravement malade.

Hakan Sukur est aussi sous le coup d'un mandat d'arrêt depuis qu'on l'accuse d'avoir soutenu l'opposant Fethullah Gülen, qui a participé à la tentative de coup d'état en 2016.