C'est un séisme sans précédent en près de 70 ans de compétitions européennes: après des décennies à agiter le spectre d'un schisme, les cadors du continent ont fini par franchir le pas avec à leur tête le Real Madrid, le FC Barcelone, Liverpool ou Manchester United, tous multiples vainqueurs de la C1 et marques d'envergure planétaire.

Et pour la presse européenne, la guerre dans le football européen est déclarée: "la guerre des riches", titre le quotidien sportif français L'Equipe, "c'est la guerre", insiste le tabloïd britannique Daily Express, tandis qu'en Espagne, AS parle d'"une bombe dans le football européen".

Avec son langage toujours imagé, Piers Morgan, présentateur TV controversé en Grand-Bretagne et supporter acharné d'Arsenal, a prévenu les dirigeants du club londonien que s'ils participaient à cette "honteuse, arrogante, élitiste et absurde Super League", ils pourraient "se mettre ses quatre abonnements à l'année dans leur Arsenal", jeu de mots avec le mot fesses en anglais.

L'ancien joueur de Manchester United et ex-international anglais Gary Neville n'a pas mâché ses mots en apprenant l'existence de ce projet: "Je suis dégoûté, c'est une honte absolue, il faut que je reprenne le pouvoir qu'ont pris ces clubs et cela concerne aussi mon club" de Manchester United, a-t-il espéré.

Les politiques s'en mêlent

Pour la Ligue allemande de football, "l'intérêt économique de quelques rares clubs du haut niveau en Angleterre, Italie et Espagne ne doit pas conduire à la création d'une superstructure européenne, cela serait particulièrement irresponsable et aurait un impact irréparable sur les championnats nationaux".

"Les rêves hégémoniques d'une oligarchie auront pour conséquence la disparition d'un système européen qui a permis au football un développement sans précédent sur le continent européen" ont de leur côté estimé la Fédération française de football et la Ligue professionnel de football.

Le projet de "Super League" a fait également réagir les responsables politiques en France et en Grande-Bretagne.

"Le président de la République (française, NDLR) salue la position des clubs français de refuser de participer à un projet de super ligue européenne de football menaçant le principe de solidarité et le mérite sportif. L'Etat francais appuiera toutes les démarches de la LFP, de la FFF, l'UEFA, et de la FIFA pour protéger l'intégrité des compétitions fédérales qu'elles soient nationales ou européennes", a indiqué l'Elysée à l'AFP.

Pour le Premier ministre britannique Boris Johnson, ce projet "serait très dommageable pour le football": "Cela frapperait en plein coeur notre football national et susciterait l'inquiétude des fans à travers le pays", a-t-il tweeté.

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