Europe Les Guignols de l'info sont-ils allés trop loin ? Dans leur émission du vendredi 6 septembre, les célèbres marionnettes sont revenues sur l'assassinat en pleine rue d'Adrien Anigo, le fils du directeur sportif de l'OM. Pour évoquer la mort du jeune homme de 30 ans, PPDA interviewe Bernard Tapie, qui semble tomber des nues lorsqu'on lui parle d'un lien entre grand banditisme et le club phocéen. Et "Nanard" de citer le nom de ses anciens collaborateurs, détenteurs de patronymes tels que "Johnny l'Etrangleur" ou encore "Doumé la Gâchette".  Plus tard, le présentateur du JT demande à un membre de la police scientifique où en est l'enquête. Celui-ci montre la balle qui aurait tué Anigo: un ballon de football. 
 

De l'ironie, certes, mais cela n'a pas fait rire du côté du club. Encore moins José Anigo, effondré depuis la mort de son fils. Dans L'Equipe de ce vendredi 13 septembre, il annonce qu'il portera plainte contre le chaîne et les responsables des Guignols. "On ne peut pas rire de tout et on ne plaisante pas avec la mort", explique-t-il.

Dans le même entretien, il crie sa douleur lorsqu'il entend des "amalgames pourris" sur son fils. "Je veux que ça s'arrête, ça me rend fou. J'en ai vraiment assez. Mon fils aimait le foot, il venait voir les matches mais il était à des kilomètres et des kilomètres de l'OM. (...) Avec mon fils, j'ai dû manquer une étape. Je m'en veux." 

Une interview poignante, celle d'un papa qui pleure le décès de son enfant. Ce dernier est mort en pleine rue à Marseille. Il a été tué par balles lors d'un règlement de comptes. "Je venais de quitter le bureau et j’étais rentré à la maison", se souvient-il dans L'Equipe. "Il était 16 heures environ. Sa femme m’a appelé. Elle criait. Je n’arrivais pas à la calmer. Elle m’a dit : 'Il s’est forcément passé quelque chose. Adrien n’est pas allé chercher les petits à l’école.' (...) Et puis, on avait entendu qu’il y avait eu un meurtre. J’étais assis dans mon fauteuil. J’ai dit à ma femme : 'Mon fils est mort'. 

Quelques jours après le drame, Anigo a lancé un appel au calme. "lI faut que toute cette violence s'arrête. (...) Je suis prêt à aller dans les cités, mener des actions, développer de vraies idées pour que la partie nord de la ville, tellement riche humainement, ne se sente plus laissée à l'abandon."