Les réactions autour de la Superligue pleuvent depuis dimanche soir. La déflagration causée par la bombe atomique larguée par le Real Madrid et onze autres grands clubs a déjà fait beaucoup de dégâts. Et elle en fera encore, d'autant que la mise en place de cette nouvelle compétition pourrait aller très vite. "Elle pourrait commencer dans cinq mois", soit en septembre 2021, a annoncé Anas Laghari, le secrétaire général de la Super Ligue, dans les colonnes du Parisien.

"Nous n'avons pas encore invité le PSG"

Pour cela, les douze fondateurs devront trouver trois autres alliés puis cinq autres clubs pour former un groupe de vingt équipes. "La méritocratie ne peut pas exister pour cinquante équipes", a prévenu Florentino Perez, le président de la Super Ligue, ce lundi soir dans l'émission El Chiringuito, en Espagne. "Des équipes comme Naples ou Rome auront aussi le droit d'y participer. Si ce n'est pas une année, ce sera la prochaine. Pour l’instant, nous n’avons pas invité le PSG, on commence avec les douze clubs fondateurs. On pense que le PSG pourrait nous rejoindre mais je ne peux pas m’avancer parce qu’on en a pas encore parlé, ni avec les deux clubs allemands."

De cette manière, le président du Real Madrid assure que "ce n'est pas une compétition fermée". "Nous croyons au mérite des équipes, qu'elles se battent pour être dignes de jouer une compétition comme celle-ci", poursuit-il. "Mais quand l'UEFA engage 120 ou 130 millions d'euros, nous en avons donné 400 milllions. C'est pour les répartir entre les clubs. Oui, nous générons cet argent. Nous le faisons pour sauver le football en général."

Convaincu que son projet sera bénéfique pour tout le monde, Florentino Perez ne comprend pas les menaces de sanction lancées par l'UEFA. "Ils n'ont à menacer personne. Personne n'a rien fait de mal. Leur format, à notre avis, ne fonctionne pas. J'ai parlé avec toutes les ligues, les fédérations. Personne ne comprend."


L'UEFA, via son président Aleksander Ceferin, a expliqué lundi que "les joueurs qui joueront dans les équipes qui disputeront cette ligue fermée seront bannis de la Coupe du monde et de l'Euro. Il faut que les équipes soient exclues de toutes nos compétitions et, les joueurs aussi, le plus tôt possible."

"Mais les footballeurs peuvent être tranquilles, cela n'arrivera pas", veut rassurer Florentino Perez. "Ils ne seront pas sanctionnés en sélection. C'est la confusion de ceux qui contrôlent les monopoles. Bien sûr, l'UEFA est un monopole. Elle doit être transparente, elle n'a pas une bonne image tout au long de l'histoire."

Idem avec les menaces d'exclusion de l'actuelle Ligue des champions qui planent au-dessous du Real, de Manchester City et de Chelsea. "Cela n'arrivera pas, la loi nous protège. Nous n'allons pas entrer dans les questions juridiques. C'est impossible (...) Ce sont des menaces de la part de quelqu'un qui confond monopole et propriété. Il ne faut pas menacer, il faut dialoguer."

Florentino Perez et les onze autres clubs se sentent donc tout-puissant en amenant ce projet. "Certains ont dit que c'est une compétition pour les riches mais ce n'est pas vrai. C'est pour sauver le football, basé sur la solidarité. Quelqu'un a dit que les riches seront plus riches et les pauvres plus pauvres. Ce n'est pas le cas. Nous allons sauver le football, nous n'allons pas laisser le football disparaître."

La réplique de l'UEFA est attendue dans le courant de la journée.