Maintenant que Sir Alex Ferguson a pris sa retraite, Arsène Wenger s'est trouvé un nouveau rival en la personne de José Mourinho. Cultivés, polyglottes et fins tacticiens,  les deux hommes ont tout pour s'entendre. Mais la rivalité sportive est plus forte que tout entre ces deux entraîneurs pétris d'ambition. La rencontre entre Chelsea et Arsenal, comptant pour la 17e journée de Premier League, promettait donc d'être électrique. 

Si le match s'est soldé par un décevant 0-0, le public a frémi lors d'un tacle apparemment fautif de John Obi Mikel sur Mikel Arteta. Une intervention musclée du joueur nigérian qui n'a pas été sanctionnée par l'arbitre. En dépit de cette agression, le maître à jouer espagnol d'Arsenal a pu continuer le match. Mais cet "incident", conjugué à un duel litigieux entre Willian et Theo Walcott dans la surface en première mi-temps, a fait sortir les Gunners de leurs gonds. 

Cette attitude a irrité José Mourinho, qui en a profité pour "allumer" ses adversaires dans la presse britannique. "Ils aiment pleurer, c'est une tradition chez eux", a déclaré le Portugais . "Moi, je préfère les Anglais, par exemple Frank Lampard, qui ne provoqueraient jamais un tel tollé. Des joueurs étrangers, particulièrement de certains pays, ont ça dans le sang". Du Mourinho dans le texte.

Le Special One en rajoute une couche contre son rival londonien en rappelant que la base du foot anglais reste le physique. "Si vous avez un contact ou que l'opposant est agressif, et bien c'est ça le foot anglais", assure-t-il. "Les joueurs des autres pays apportent beaucoup de bonnes choses. Ils viennent  ici car ils ont du talent. Mais je préfère la méthode anglaise en matière de foot. L'attitude anglaise dans ce genre de situation c'est: 'Allez, on y va !'", enchaîne le Mou. De l'engagement, du combat, Mourinho en arriverait presque à paraphraser Laszlo Bölöni. Durant son règne à Sclessin, le Roumain avait martelé vouloir des "salopards" sur le terrain. Une déclaration diversement appréciée sur le moment. 

Modérément apprécié, le tacle d'Obi Mikel l'est également. Certains ont vu une agression caractérisée, pied en avant, vers la jambe de l'Espagnol. D'autres, comme Mourinho, estiment qu'il s'agit d'un fait de jeu classique de la compétition anglaise. "Le tacle de Mikel était dur et agressif", reconnaît-il toutefois. "Le foot, c'est pour les hommes et les femmes qui ont une attitude brave. (...) Le foot anglais, en hiver, avec le terrain détrempé, des tacles glissés et de la vitesse, soyez-en fiers ! Jouez avec honneur. Si vous êtes blessé, qu'il en soit ainsi. Si vous souffrez, moi aussi je souffre tous les jours et je travaille tous les jours. Je pense que l'arbitre a fait un super travail." 

Une appréciation qu'Arsène Wenger ne partage à l'évidence pas. Beau joueur, le Français a botté en touche. "C'est Noël, donc laissons-le avoir sa propre opinion. J'ai la mienne" s'est contenté d'ajouter le technicien frenchy, rappelant qu'il estimait qu'il y avait bel et bien penalty sur une faute de Willian sur Theo Walcott. Trève de Noël, les amis ?