Il y a des matches qui s’oublient dans l’indifférence totale, d’autres qu’on n’oubliera jamais. Pour les joueurs de Rumilly Vallières, la folle soirée de ce mardi sera sans doute bien difficile à effacer de leur mémoire. Les Hauts-Savoyards, pensionnaires de National 2 (4e division française) vont voir la demi-finale de la Coupe de France, après avoir écarté un Toulouse diminué par le covid, au terme d’un match largement maîtrisé et sans prendre de but (2-0).

Mais d’où vient ce petit Poucet ?


Fondé en 2018 sur la fusion de plusieurs clubs de l'Albanais, région située entre le lac du Bourget et le lac d'Annecy, le « GFA 74 » a à peine trois ans, et évoluait encore en N3 (5e division) l’an dernier. Rumilly, petite commune de Haute-Savoie : 15 000 habitants. Vallières ? Moins de 2000. Le petit Poucet vit une ascension fulgurante. Au point de disputer les premiers quarts de finale de Coupe de France de son histoire, ce mardi. Et à présent les demi-finales. La performance est historique, d’autant que Rumilly-Vallières, comme des milliers de clubs amateurs en France, est privé de championnat depuis le mois d'octobre. Cette saison, cinq tours de Coupe, seulement qui ont permis notamment d’éliminer Annecy (N1, 3e division) et Le Puy (N2) en seizièmes et huitièmes de finale. L’exploit se résume en quelques mots : la magie de la Coupe de France, qui sourit aux amateurs. " Chez nous, beaucoup de joueurs travaillent. Il y en a qui sont dans l'immobilier, d'autres sont pions, d'autres électriciens. On a un petit peu de tout", expliquait le capitaine Alexi Peuget à France Football.

À jamais dans l’histoire de la Coupe


Avec cette performance, le GFA Rumilly Vallières rejoint aussi le club des "petits Poucets" qui ont marqué la Coupe de France: les Savoyards deviennent la quatrième équipe de National 2 à atteindre les demi-finales de Coupe de France. Calais l’avait fait en 2000, Montceau en 2007 et Quevilly en 2010. Et les joueurs rêvent d’une trajectoire semblable à celle des Herbiers en 2018. Le petit club de N1 à l’époque (troisième division) avait marqué les esprits en sortant Auxerre et Lens pour se hisser en finale face au PSG. Paris avait finalement remporté la 12e Coupe de France de son histoire.

Montpellier, Lyon, Paris, Angers ou Monaco


La suite ? Prendre le temps de savourer un peu l’exploit. Retomber les pieds sur terre sans doute, pour voir sereinement les demi-finales arriver. Face à un cador, c’est leur unique certitude à ce stade. Peut-être Montpellier, tombeur de l’autre "petit club" des quarts : Canet-Roussillon, club de N2, qui avait surpris tout le monde en sortant l’Olympique de Marseille. Ou un des vainqueurs des matches de ce mercredi : PSG-Angers et Lyon-Monaco. Du beau monde. " Nous sommes à 90 minutes du stade de France. Pour le tirage, on verra. Mais on espère tirer un gros morceau. C’est ce qu’on souhaite depuis deux tours", déclarait Fatsah Amghar, l’entraîneur savoyard.