Le fair-play financier instauré par l'UEFA fait son chemin dans les têtes, et les clubs de football européens commencent à limiter leurs pertes, mais tout le monde attend avec impatience l'avis qui sera rendu sur un Paris SG au modèle économique sans équivalent.

Après un été assombri par les imbroglios juridico-sportifs de clubs comme Fenerbahçe, exclu des compétitions européennes après de multiples recours, l'UEFA avait enfin des bonnes nouvelles à annoncer par les voix de son secrétaire général Gianni Infantino et de son président Michel Platini, vendredi à Monaco, devant la presse internationale, en marge des tirages au sort de Ligue des champions et Europa League.

"Il y avait 1,7 milliard de pertes pour les clubs européens en 2011, il y en a 1,1 milliard en 2012, soit une diminution des pertes de 36% en un an, donc une amélioration de 600 millions d'euros. Ces pertes qui s'enrayent, c'est une première en 6 ans. Parfois il y a de bonnes nouvelles", s'est ainsi félicité Infantino.

L'UEFA voit dans cette évolution un effet positif du fair-play financier qu'elle a instauré: un club ne peut dépenser plus qu'il ne gagne. A partir de 2014-15, les clubs qui ne respecteront pas ce principe encourront des sanctions allant jusqu'à l'exclusion des compétitions européennes.

"Pas là pour tuer les clubs"

Mais, sans même attendre l'entrée en vigueur des premières sanctions (qui seraient prises en mai 2014), les clubs européens ont donc commencé à maîtriser leurs dépenses.

"Nous ne sommes pas là pour sanctionner ou punir les clubs. Le succès (du fair-play financier, ndlr) ne sera pas mesuré par les exclusions, mais déterminé par des faits concrets, nous devons avoir le pouvoir de convaincre plus que d'imposer", a souligné Infantino.

"Le principe de base, c'est que nous ne sommes pas là pour tuer les clubs, a renchéri Platini. On a travaillé pour faire des règles ensemble face à ce qui est incompatible avec la morale. Ce sont les clubs qui nous ont demandé de réguler. Ils sont en train de bien travailler, il faut les féliciter".

Mais certains cas intriguent. Comme le PSG qui, depuis l'arrivée des nouveaux propriétaires qataris à l'été 2011, dépense sans compter, s'offrant ainsi cet été Cavani pour 64 millions d'euros, Marquinhos pour 35 millions et Digne pour 15 millions...

C'est un cas d'école. Le PSG ne génère pas de revenus en propre qui puissent justifier de telles dépenses. Ses réserves financières proviennent d'un mécène, le Qatar, à l'encontre de l'esprit d'équité qui prévaut dans le fair-play financier.

Parole aux experts

Pour tenter de se mettre en conformité, les propriétaires du PSG expliquent que le budget du club (400 millions d'euros cette saison) repose sur un contrat d'image pour la promotion du Qatar à l'international.

"Pour le PSG, comme pour d'autres, on verra la décision qui sera prise par la commission indépendante. Au mois de mai, on aura les premières décisions", a d'abord commenté Platini, avant d'être relancé sur le sujet par de nombreux journalistes.

"Le Qatar dit +la promotion du tourisme par le PSG c'est 200 millions d'euros+. Ils sont dans leur plein droit en argumentant comme ça. Moi, qu'est-ce que j'en sais? Je ne suis pas spécialiste. C'est aux experts, le panel indépendant, de dire si c'est conforme ou pas. Est-ce qu'il s'agit de parties liées? C'est une discussion intéressante, car comme le dit Jean-Claude Blanc (directeur général du PSG), c'est un modèle économique qui n'a jamais existé", a exposé le patron du foot européen.

Platini s'exprimait à Monaco, où le club passé entre les mains d'un milliardaire russe, Dmitry Rybolovlev, fait aussi parler la planche à billets, avec le recrutement pour 60 millions d'euros du Colombien Radamel Falcao.

"Monaco? Il n'est pas qualifié en Coupe d'Europe. Monaco sera peut être un problème l'an prochain s'il se qualifie pour une Coupe d'Europe", a conclu Platini.