Bart Goor a connu Gabor Kiraly pendant 3 ans au Hertha Berlin : il ne connaît personne de plus superstitieux.

La star des Hongrois est le gardien au (trop grand) pyjama gris : Gabor Kiraly. À 40 ans, le portier de la Hongrie connaît le moment phare de sa carrière. Le Belge qui le connaît le mieux était capitaine des Diables Rouges lors de son dernier Euro, en 2000 : Bart Goor. Il a joué pendant trois saisons avec lui au Hertha Berlin.

Juin 2001. Ayant profité de la formidable campagne d’Anderlecht en Ligue des Champions, Bart Goor rejoint le Hertha Berlin, un club du subtop en Allemagne. Dans le vestiaire, il n’en croit pas ses yeux quand il remarque son gardien mettre un gros pantalon de jogging.

"Tout le monde savait qu’il portait un pantalon pareil; personne ne se moquait donc de lui", dit Goor. "Et on ne lui posait pas des questions."

Pourtant, Goor s’en posait, des questions. Surtout quand il pleuvait et que son pantalon pesait deux kilos. "Mais Gabor ne voyait pas le problème. Même quand une pluie torrentielle s’abattait sur le terrain d’entraînement, il gardait ce pantalon. Aux journalistes, il expliquait que c’était par superstition."

Kiraly avait d’autres habitudes liées à cette superstition, mais personne ne les connaît.

"Il avait toujours la même place dans la douche. Si quelqu’un était à sa place dans la douche, il ne le chassait pas, mais il attendait qu’il soit parti."

Sur le parking du stade, ses coéquipiers savaient qu’il ne fallait pas se garer à un endroit particulier. Goor : "C’est là qu’il garait sa Mini Cooper. Si quelqu’un d’autre était garé là, il allait le chercher pour qu’il déplace sa voiture."

Comme il l’a montré en fin de match contre le Portugal, lorsqu’il a fait mine de dégager à gauche avant de donner une petite passe à droite, Gabor Kiraly est parfois un fou sur le terrain. "Il faisait souvent des relances à la main à l’aveuglette. Il regardait à gauche et lançait vers la droite. Et à l’entraînement, il allait plus loin. Il faisait des relances à la main en jetant d’abord la balle sur sa latte. Et souvent, elle aboutissait dans les pieds du coéquipier qu’il voulait."

Mais Kiraly était également un très bon gardien. "Il avait et a de superbes réflexes. On l’appelait d’ailleurs le tigre . Un jour, il est arrivé au club avec une veste en cuir avec l’image d’un tigre sur le dos. Il a gagné beaucoup de points pour le Hertha Berlin. Et quand il est parti en Angleterre, il a réussi. C’était un gars avec un formidable humour, mais il avait également une grosse personnalité. Malgré son pyjama, tout le monde avait un grand respect pour lui."

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Courtois : "Je ne pourrais pas jouer ainsi"

Thibaut Courtois sourit quand nous lui parlons du pantalon de Kyrali. "Moi, je ne pourrais pas jouer avec cela" , dit notre gardien numéro 1 . "Surtout quand il pleut, ce serait impossible. Je ne sais pas comment il fait. Je suppose que c’est une habitude depuis qu’il est jeune. On ne voit plus souvent cela, dans le football moderne. Quand nous avions Burrda comme équipementier, nous n’avions pas les meilleurs pantalons pour gardiens. Quand je plongeais une fois dans la boue, mon entraînement était terminé."

Courtois a pourtant du respect pour son adversaire. "Il a beaucoup d’expérience et est excellent à ce tournoi. Il ne faut pas espérer que ce pantalon de jogging va l’handicaper."


Mignolet : "Il rassure sa défense"

Le pantalon de papy y est-il pour quelque chose ? En tout cas, les défenseurs aiment bien jouer avec Kiraly derrière eux. Simon Mignolet confirme : "Avec son calme, il rassure sa défense et son équipe. Du coup, elle joue avec beaucoup de confiance."

Mignolet connaît mieux cet autre gardien hongrois - Adam Bogdan - qui était le numéro 2 à Liverpool, mais qui n’est pas repris parce qu’il ne jouait jamais. "Je lui ai déjà envoyé des SMS, mais je vais encore le contacter pour en savoir plus sur les Hongrois. Ne les sous-estimons surtout pas. Gera et Dzsudzsak ont encore joué en Premier League ."


Gillet : "Ce n’est pas très beau"

"J’ai déjà affronté ce gardien lors d’un match amical à Gand. Le pantalon, c’est son truc. On le reconnaît grâce à ça. Ce n’est pas très beau, mais c’est son style. Au début de ma carrière, je jouais en pantalon aussi mais des trucs plus adaptés. De vrais pantalons de gardien. Je crois que ça ne change rien quand tu joues. Le problème, c’est quand il pleut. Le pantalon doit peser une tonne. Il va faire quel temps à Toulouse dimanche?" (rires)