Les Limbourgeois ont assisté à la présentation au stade de France de leur nouveau maillot

ENVOYÉ SPÉCIAL EN FRANCE THIBAUT VINEL

PARIS En coulisse, Genk prépare déjà la saison prochaine. Éliminés en huitièmes de finale de la Coupe par les Trudonnaires, évincés au premier tour de la Coupe de l'Uefa et très vite largués dans la course au titre, Genk, qui convoite encore la troisième marche du podium, synonyme d'Uefa, veut rebondir dès la saison prochaine. Pour ce faire, le président Vaessen s'active dans l'ombre.

Ainsi, une délégation genkoise, composée du trio Broos-Jacobs-Poelmans et des joueurs Defour, Matoukou et Stojanovic, s'est rendue à Paris, au stade de France, pour découvrir le nouveau maillot de Genk. En effet, c'est la semaine passée que leur nouvel équipementier, Airness, présentait ses différents maillots à l'occasion des six années d'existence du groupe, fondé par Malamine Koné.

Pour fêter l'occasion, le Malien avait mis les petits plats dans les grands en réunissant les plus grandes stars du football français dont Guy Roux ou encore Jean-Pierre Papin dans le plus beau stade de France.

La marque de sportwear, créée en 1999 pour grignoter des parts de marché aux plus grands équipementiers américains, a évolué de manière fulgurante. Ainsi, en six ans, Airness est devenue une marque incontournable sur le marché de vêtements sportifs français. Avec ses 85 millions de chiffre d'affaire en 2005, la panthère -logo de la marque- peut se vanter d'être le premier équipementier du football français et la première marque de sport français. L'appétit venant en mangeant, Malamine Koné s'attaque à d'autres marchés européens, et investit dans d'autres sports que le football. Fulham (Ang), Boavista (Por) et Genk ont été séduits par Airness sans oublier les équipes nationales du Mali, de Guinée et de la RD Congo. Dans l'Hexagone, Rennes, Auxerre, Valenciennes et Lens ont aussi signé un contrat avec le Malien. Deux équipes de basket-ball et une de rugby sont également de la partie.

Derrière cette réussite, un homme: Malamine Koné. Son parcours émeut tant il est atypique. À sept ans, il est berger et ne reçoit aucune instruction avant son arrivée en France à 10 ans où il rejoint ses parents pour vivre une enfance normale. «Je suis arrivé à Saint-Denis à 10 ans. Je venais du Mali, où j'avais gardé des moutons. Mon père a vite travaillé comme mécanicien et ma maman restait à la maison pour s'occuper des dix enfants. J'ai appris le français à l'école. Je rêvais d'être boxeur, mais j'ai eu un accident au genou qui a nécessité dix opérations. J'ai alors étudié le droit. Enfin, j'ai eu l'idée de créer des vêtements de sport originaux.»

Avec courage et abnégation, il est parvenu à construire un empire financier qui est en plein essor. Il faut dire que Malamine Koné a eu le bon goût de trouver des ambassadeurs de choix: Wiltord, Papin, Cissé, Roux ou encore Van Buyten. Aujourd'hui, Malamine Koné a seulement 34 ans et des projets pleins la tête. «Je voudrais devenir le fournisseur de l'équipe de France de football. Ce serait bien qu'une marque française l'habille, non?»

© Les Sports 2006