Même s’il dit avoir tourné la page du championnat de Belgique, Guillaume Gillet reste un grand supporter d’Anderlecht. 

Il a gardé le contact avec beaucoup de joueurs dont certains, comme Silvio Proto, qu’il aime chambrer. "Quand il pleut en Belgique, je lui envoie des photos sur Whatsapp où je suis sur ma terrasse au soleil en Corse", sourit-il.

Il reste aussi très proche de Sacha Kljestan, reparti aux États-Unis cet hiver. "Il travaille pour moi. Il est en train de préparer le terrain pour me faire venir en MLS un jour (rires)."

Malgré son (bien réel) rêve américain, il a suivi la finale de la Coupe de Belgique depuis son salon à Bastia.

"C’était diffusé en France, mais j’étais très déçu pour mes amis. Surtout que le scénario était rocambolesque. Mais les choses sérieuses ne font que commencer avec les playoffs. Pour une fois, je n’ai pas le stress inhérent à ce système. Je peux suivre l’apothéose relax sur mon pc."

Son mariage le prive des Diables

Guillaume Gillet et les Diables, beaucoup pensaient que la page était définitivement tournée après les 34 sélections du Liégeois de 31 ans. Il y a quelques jours, Marc Wilmots a pourtant téléphoné au médian de Bastia.

"Il m’a dit que je faisais partie du groupe pour le stage de fin de saison", explique-t-il.

Le coach fédéral a des doutes sur l’état de forme de Steven Defour si tard dans la saison et voulait reprendre Guillaume Gillet.

"Quand on voit la concurrence au milieu chez les Diables, cela prouve que je ne me débrouille pas trop mal ici."

Ce come-back neuf mois après sa dernière cape (contre l’Australie en septembre) ne se fera cependant pas. Gillet se marie juste après la saison, d’abord civilement en Belgique le 30 mai puis religieusement en Corse le 6 juin avec quelques amis dont Silvio Proto, l’épouse de Nicolas Lombaerts et peut-être Sacha Kljestan s’il parvient à se libérer.

"C’est impossible de tout repousser et le sélectionneur a bien compris. Il m’a dit que c’était une bonne excuse."

Dans les prochains jours, Marc Wilmots doit retéléphoner au Bastiais pour lui confirmer qu’il se passe bien de ses services. Ce qui ne signifie pas que Gillet ne sera plus repris à l’avenir.

"Zlatan continue de me persécuter"

Il a été interviewé par France 2 sur le terrain puis par toutes les radios françaises en zone mixte, il a parlé de "soixante-dix minutes à jouer encore après le penalty et l’exclusion concédée" et Marco Verratti est venu le saluer d’un sympathique "amico" avant de remonter dans le car : en dix mois à Bastia, Guillaume Gillet est devenu quelqu’un dans le monde du foot français. Il faut dire qu’il fut encore le meilleur Bastiais samedi au Stade de France en finale de la Coupe de la Ligue, même si ce fut loin d’être suffisant pour contrer les stars du PSG, victorieuses 4-0 grâce à un doublé d’Ibahimovic et un autre de Cavani.

Aviez-vous déjà perdu une finale dans votre carrière pro ?

"Hormis une  Supercoupe  perdue face au Standard, j’avais toujours gagné. Malheureusement, tout s’est arrêté au bout de vingt minutes cette fois avec ce penalty et cette rouge pour Squillaci. L’arbitre a tué le suspense. Et on prend encore un but juste avant la mi-temps. Je ne vous cache que l’ambiance était morose dans le vestiaire à la pause."

Deux buts d’Ibrahimovic après les quatre qu’il avait mis au Parc Astrid la saison passée en Ligue des Champions : pouvez-vous encore le voir en peinture ?

"Zlatan, c’est Zlatan  (sourire) . Il a déjà marqué tellement de buts contre tout le monde que je ne suis pas le seul joueur à lui en vouloir. Même si j’avais pris une revanche en championnat  (NdlR : victoire 4-2 de Bastia en janvier dernier) , il continue quand même de me persécuter."

Personnellement, vous avez été plutôt bon dans ce match.

"C’était surtout un match frustrant. Quand je récupérais le ballon, je n’avais pas toujours beaucoup de solutions pour en faire bon usage. Ou plus les jambes. Je n’ai pas pris de plaisir. C’est un rêve qui s’est transformé en cauchemar."

Il n’y aura pas non plus de consolation européenne : en Coupe de la Ligue, le finaliste malheureux n’obtient pas le ticket si le vainqueur est qualifié pour la C1. Cela peut-il influencer votre avenir à Bastia ?

"Je ne crois pas que ce soit ça qui va vraiment sceller mon avenir à Bastia. On doit d’abord se maintenir en Ligue 1 puis on se mettra à table pour discuter de mon avenir. Le club a jusqu’au 31 mai pour lever l’option. Le président sait déjà que je suis très heureux à Bastia."

D’autres clubs français vous draguent, paraît-il.

"Oui, c’est vrai. Il y a de l’intérêt."

On vous voit en tout cas mal revenir à Anderlecht, où vous êtes toujours sous contrat.

"La page du championnat belge est tournée pour moi. J’aime le foot français et vous avez pu voir que c’était du haut niveau."