A 35 ans, Lulu relance sa carrièreà Venise, en Serie B

VENISE La carrière de Luis Oliveira n'est pas finie! L'été dernier, le Belgo-Brésilien quittait la Serie B et Catania pour Foggia, un niveau plus bas. Mais en 14 matches, le buteur de 35 ans n'a pas convaincu et ne se sentait pas heureux. Il a su profiter du mercato hivernal pour trouver un nouvel employeur.

En se liant pour 6 mois à l'AC Venise, Lulu redonne un élan à une carrière que certains disaient finie. «Ça n'a pas été facile du tout à Foggia. J'ai manqué l'ensemble de la préparation, et cela m'a porté préjudice. Je suis très heureux de pouvoir relever ce nouveau défi avec Venise. C'était très important pour moi de retrouver la Serie B

Le dernier but de Luis Oliveira date de la fin de saison 2004, avec Catane. «Quand on est né buteur, passer de si longs mois sans marquer est difficile à vivre. Mais j'espère bien retrouver rapidement le chemin des filets sous mes nouvelles couleurs.»

Lulu a fait ses débuts vénitiens dimanche dernier, en montant au jeu à la 62e minute lors du succès contre Piacenza (1-0). Jeudi soir, il est à nouveau entré au jeu à 35 minutes du terme, lors de la courte défaite à Hellas Vérone (1-0). «Je n'ai pas encore eu de vraies occasions, confie l'ancien Anderlechtois. Mais je me sens de mieux en mieux et jeudi, j'ai délivré une passe... presque décisive, puisque mon coéquipier a manqué son duel face au gardien adverse.»

Devra-t-il se contenter de ce rôle de joker jusqu'à la fin de saison? «Non! J'ai l'ambition et le potentiel de devenir titulaire. J'évolue sur l'aile gauche dans un système à trois attaquants et il faudra un petit temps d'adaptation mais j'ai de bonnes sensations.»

Le club de la cité aux gondoles est actuellement mal embarqué: l'AC occupe la dernière place du classement de Serie B ! «Le club veut se sauver à tout prix. C'est pourquoi les dirigeants ont effectué pas moins de six transferts pendant le mercato. La victoire de dimanche dernier nous a rendu l'espoir et le groupe est confiant. Nous n'avons que 6 points de retard sur le premier relégable et il reste 22 matches cette saison!»

«Pas de carnaval pour moi!»

Dimanche, Luis et ses coéquipiers reçoivent Ternana, une formation du ventre mou. «J'espère pouvoir montrer à notre public de quoi je suis capable.» Une victoire égaierait encore un peu plus Venise, qui fête en ce moment son célèbre carnaval. «Je n'aurai pas beaucoup l'occasion d'en profiter. Après l'entraînement, je rentre à la maison et je reste au calme avant le match de dimanche. C'est le foot avant tout!»

Luis Airton Barroso Oliveira prend toujours les choses avec autant de sérieux. L'ancien Diable Rouge en est déjà à sa... 18e année en tant que footballeur professionnel! Après quatre années sous la vareuse d'Anderlecht, Lulu partait tenter sa chance dans le football transalpin. Venise est déjà son 6e club italien, après Cagliari, la Fiorentina, Bologne, Côme, Catane et Foggia. «Mes plus belles années furent celles passées à Cagliari et à Florence, en Serie A. Je garde des souvenirs impérissables de cette période...»

Mais quand l' inusable Oliveira s'arrêtera-t-il de jouer? «On me pose souvent la question et je ne sais pas y répondre. Aujourd'hui, j'ai encore une très grande envie de jouer et tant que je l'aurai, je continuerai.»

Pourtant, le natif de Maranhao Sao Luis a déjà réfléchi à l'après... «J'aimerais vraiment rester dans le milieu du football», confie-t-il avec son reconnaissable accent brésilien, désormais épicé de tonalités italiennes. «Je ne me vois pas vivre ailleurs qu'ici, en Italie. C'est devenu mon pays, au même titre que le Brésil et la Belgique.»

«Le nom du sélectionneur belge? Aucune idée...»

L'attaquant, qui a inscrit pas moins de 161 buts dans sa carrière, n'oublie pas le pays qui l'a vu éclore. Et pour cause: ses deux enfants vivent à Bruxelles. «Avec l'emploi du temps d'un footballeur pro, ce n'est pas toujours facile pour moi de trouver du temps pour rendre visite à Michael et à Sarah. Mais dès qu'ils sont en vacances, j'essaie de m'arranger pour les voir.»

Le football belge, par contre, n'est plus vraiment une préoccupation pour Luis. «La Belgique est mal partie pour la Coupe du Monde? Vous me l'apprenez, car je n'ai plus l'occasion de suivre le foot belge. Je n'ai même aucune idée du nom de l'entraîneur des Diables Rouges... Mais de savoir que les résultats de l'équipe nationale sont mauvais me rend triste, car la Coupe du Monde est une épreuve qui a toujours réussi à la Belgique...»

Le chapitre des Diables semble fermé depuis bien longtemps dans l'histoire de Lulu Oliveira, à laquelle pourraient encore s'ajouter de belles pages vénitiennes...

© Les Sports 2005