Au cœur de la tourmente après un bilan de 4 sur 18, Philippe Montanier est apparu calme et serein ce vendredi. Le coach français sait la pression qui pèse sur ses épaules et comprend le mécontentement ambiant chez les supporters. Loin de se braquer, Philippe Montanier a fait le point, calmement, en répondant à plusieurs questions à l’aube de deux matchs qui s’avèrent cruciaux pour son avenir.

1 Quel est l’état d’esprit dans le groupe ? "La communication entre les joueurs est bonne. Ils sont conscients qu’on n’est pas à notre niveau et qu’il faut réagir ; ils en parlent entre eux. Pour être transparent, avant le match à Courtrai, il y avait de l’application et de l’envie puis la suite, vous la connaissez avec ce but rapide concédé. Mais à l’image de la deuxième mi-temps, les joueurs n’ont pas lâché, ils ont beaucoup de cœur. Il y a une belle cohésion au sein du groupe, du club. Cela doit nous aider à sortir de cette mauvaise passe pour qu’elle soit la plus courte possible."

2 Les joueurs sont-ils derrière lui ? "Je sens cette cohésion. La meilleure preuve, c’est la deuxième période de mercredi soir. Les joueurs luttent jusqu’au bout, comme lorsqu’on est revenu plusieurs fois en infériorité numérique. Il y a une réaction collective ; c’est une force."

3 Comprend-il la grogne des fans ? "Qu’ils ne soient pas satisfaits, je le comprends bien. Le Standard, c’est toute leur vie. Un jour, un supporter de Lens m’a confié que sa semaine était foutue lorsqu’on perdait ; cela s’applique ici aussi. C’est bien plus que du foot pour eux. Ce que je peux juste faire, c’est travailler un maximum pour trouver les solutions et aider les joueurs. On a tout de même eu de belles rencontres."

4 Est-il un coach trop défensif ? "C’est bizarre parce qu’on n’a jamais marqué autant que maintenant, avec, notamment, deux buts aux Rangers, contre Malines, face à Benfica (NdlR : le Standard compte tout de même la 3e pire attaque de l’élite avec 21 buts inscrits). Alors oui, on présente la particularité que notre meilleur buteur compte trois buts en championnat (Lestienne et Balikwisha). Mais ce n’est pas propre à moi car je crois que c’était déjà le cas la saison dernière. Je dois trouver des solutions pour gagner des matchs. Mais c’est vrai qu’on n’a pas un attaquant qui met 10 à 15 buts. C’est donc à moi de trouver des solutions. Le plus dur, c’est l’animation offensive. Je comprends que les supporters se disent qu’on n’a pas de buteur depuis deux saisons puisque ce sont souvent les milieux qui font la différence. L’objectif, pour moi, c’est d’optimiser le groupe pour gagner des matchs."

5 Est-il borné avec son système de jeu ? "Je ne suis pas figé dans un système et oui, je peux changer. On a fait de très bons matchs en 3-4-3, comme en 4-3-3 et en 4-2-3-1. Mais l’inverse est vrai aussi; on a été mauvais dans ces mêmes systèmes. Il n’y a pas forcément un système en particulier qui fait gagner, mais bien l’animation. Je ne suis pas obtus, la preuve, on est passé en 4-3-3 en 2e période à Courtrai qui est le système que j’ai souvent privilégié dans ma carrière."

Kevin Sauvage