Il se souviendra longtemps du 6 janvier 2006

CHARLEROI La nouvelle eut un gros retentissement médiatique : pour la première fois, un arbitre de couleur allait arbitrer au plus haut niveau belge. Cela fait à présent un an que le débonnaire Jérôme Efong Nzolo, Gabonais bon teint, dépoussière la profession en conciliant fermeté nécessaire et sourire permanent. Là où d'autres se contentent de jouer au gendarme sans psychologie, lui ne se met jamais hors du jeu grâce à sa compréhension des acteurs et à ses qualités humaines. "Je me rappelle comme hier du 6 janvier, le jour où l'on m'a annoncé que j'allais diriger une rencontre de D1" , confie l'intéressé. "Ce fut un moment aussi émouvant qu'extraordinaire. Les jours qui ont suivi furent très intenses avec notamment une grosse sollicitation de la presse. Ce Brussels - Lokeren du 28 janvier constitua forcément un deuxième moment d'importance assez spécial. Jusqu'ici, les choses se passent bien. Je pense avoir correctement géré les changements découlant de cette promotion. Car, sans vouloir faire un jeu de mots, on m'a quand même sorti du noir pour me projeter sous la pleine lumière des projecteurs. Je retiendrai aussi de cette année le premier match d'un top club que j'ai pu siffler. C'était Lierse - Club Bruges, la seule rencontre au menu du jour, par ailleurs retransmise en direct sur La 2. La sensation éprouvée était particulière ce soir-là."

Sur l'ensemble de ses prestations, le résultat est indéniablement positif pour lui comme pour le foot belge. Chez nos confrères du Het Laatste Nieuws, Jérôme Efong Nzolo occupe même la première place du classement de sa catégorie : "Cette forme de reconnaissance me touche mais je reste les pieds sur terre. Si je suis très content de ce qui m'arrive, je ne tiens pas à brûler les étapes."

Jérôme Efong Nzolo a en tout cas les cartes en main pour confirmer son ascension en 2007. Mais il n'y a pas que le ballon rond dans la vie et, au mois de février, une petite fille viendra enrichir la palette de notre homme...

Un mot enfin sur cette peste de racisme qui n'a que trop sévi au cours de cette année. Cible idéale de par sa fonction et de sa peau d'ébène, Jérôme Efong Nzolo y a quelque part bizarrement échappé : "Je n'ai effectivement pas eu à affronter ce phénomène. Quand je le dis, on a parfois du mal à me croire, mais c'est pourtant la vérité. Même là où il y a des noyaux réputés durs, je n'ai récolté que des applaudissements. "

Pourvu que ça dure...



© La Dernière Heure 2006