Son père, Yannick, retenu en France par un concert à Amiens, n’a pu faire le déplacement


NEW YORK Choisi en neuvième position par les Chicago Bulls dans la draft du championnat américain de basket-ball (NBA), jeudi à New York, Joakim Noah est passé de la peur à l’émotion au moment de faire le grand saut chez les professionnels.
"J’étais stressé au fur et à mesure de la soirée. Puis, j’ai entendu mon nom. Quel soulagement. Je ne sais pas quoi dire. Je ne trouve pas les mots, a déclaré le jeune pivot (2,11m et 106 kilos). C’est fantastique."

Pressenti à Charlotte, Minnesota ou encore Boston, c’est
finalement dans la franchise du légendaire Michael Jordan que le fils de l’ancien champion de tennis Yannick Noah a trouvé son port d’attache.
"Etant gamin, je supportais les New York Knicks. Je détestais les Bulls. Ils me faisaient pleurer car ils battaient les Knicks, a avoué Jooks, de son surnom. Mais attention. Je respectais énormément Michael Jordan. Pour moi, cela reste le meilleur joueur de l’histoire. Maintenant, j’ai hâte de revenir au Madison Square Garden pour jouer contre les Knicks".

Pour ce grand événement annuel où sont réunis les dirigeants des 30 équipes qui sélectionnent à tour de rôle un joueur issu de l’université, du lycée, ou de l’étranger, Joakim était accompagné par sa mère, Cecilia Rhode (ex-Miss Suède), sa soeur, Yelena, et son grand-père, Zacharie, champion de France de football avec Sedan en 1961.
Seul son père, Yannick, retenu en France par un concert à Amiens, n’avait pu faire le déplacement.
"Mon père et mon grand-père étaient des guerriers, rappelle-t-il fièrement. Ils ont travaillé dur pour y arriver. On me dit: c’est facile pour Joakim, il a ça dans le sang. Mais on ne se rend pas compte à quel point il faut bosser. J’ai appris ça d’eux."

Les Bulls, sacrés six fois champions NBA (1991 à 1993 et 1996 à 1998) durant l’âge d’or des années Jordan et Scottie Pippen, courrent derrière leur illustre passé. Néanmoins, ils ont amorcé une belle remontée ces dernières années.
"Ils ont une tradition et une mentalité de vainqueur, fait remarquer l’ex-Gator. Ils ne veulent pas se contenter des places d’honneur. Ils veulent revenir au premier plan et gagner le titre. Je vais me donner à 150% pour y arriver."
Avec le recrutement de Jooks, les Bulls densifient ainsi leur raquette en se dotant d’un joueur énergique qui va apprendre le métier aux côtés de l’Américain Ben Wallace.
La prudence est néamoins de mise car Joakim ne fait pas l’unanimité.
"Je ne comprends pas ce choix, s’interroge Stephen A Smith, le volubile commentateur de la chaîne ESPN. Chicago a besoin d’un marqueur dos au panier. C’est pas vraiment le cas avec Joakim qui est plutôt un joueur défensif."
Cette édition 20007 de la draft n’a réservé aucune surprise de taille. Greg Oden et Kevin Durant, les grands favoris de la soirée, se sont partagés les deux premières places, le premier fut sélectionné par Portland et le deuxième par Seattle.